En choisissant Jean-François Lisée, les péquistes ont du coup accepté de remiser le seul outil démocratique et noble pour faire un pays : le référendum. On peut même prévoir que d'oubli en oubli, le PQ hésitera très possiblement à le faire tel que promis pour les élections de 2022.

L'indépendance à 18 % chez les souverainistes du PQ

Les sondages depuis de nombreuses années situent le désir de souveraineté des Québécois autour d'un petit 40 %. Ce résultat est le total de toutes les tendances nationalistes additionnées, des plus molles aux plus dures. En fait, c'est le nombre de Québécois inconfortables pour une raison ou pour une autre dans le régime fédéral actuel. Ce qui laisse entendre qu'au moins 60 % des Québécois y trouvent plutôt leur compte. L'appétit pour une rupture avec le Canada en vue de créer un nouveau pays n'est donc pas, actuellement, une tendance prometteuse au plan politique.
La preuve la plus éloquente est bien sûr le comportement même des souverainistes membres du Parti québécois. Ceux-ci ont accordé leur appui à Martine Ouellet, qui voulait un référendum sur l'indépendance dans un premier mandat en 2018, dans une proportion de 18 % seulement. À l'évidence, pour les membres du PQ, la réalisation du pays n'est pas urgente et de ce fait, peut-être pas si nécessaire que cela.
Tellement, qu'en choisissant Jean-François Lisée, les péquistes ont du coup accepté de remiser le seul outil démocratique et noble pour faire un pays : le référendum. On peut même prévoir que d'oubli en oubli, le PQ hésitera très possiblement à le faire tel que promis pour les élections de 2022. (...)
 À moins, que, soudainement, le goût du pays revienne chez une majorité de Québécois. Mais je ne miserais pas là-dessus pour l'instant, car comme peuple nous sommes dans un processus « d'indéfinition » identitaire, donc d'incertitude et de peur plutôt que d'affirmation nationale.  Ce qui explique, d'ailleurs, la tendance au repli identitaire depuis 10 ans (...)
 Par cette tendance au repli et au refus de se redéfinir comme nation ensemble, à titre de population du Québec, ne s'enfonce-t-on pas dans une sorte de « Q-hébétude » ? On a déjà été français et catholique. Maintenant, on se contente d'être français (encore un peu) et n'importe quoi, bien sûr de bien, mais tout éparpillé et sans fil conducteur. Et on voudrait qu'avec ravissement les immigrants adoptent notre culture et notre identité qui, si rien n'est fait, sera de plus en plus indéfinie et donc mollement attirante. 
Quand verra-t-on l'urgence de se définir comme nation inclusive, et dans des termes du 21e siècle ? Et pourquoi le Parti québécois, en plus de vouloir sauver les meubles socio-économico-institutionnels de la maison, ne verrait-il pas en même temps à la rénover en lui redonnant une identité nationale, en fait un « look » beaucoup plus attrayant pour tous les Québécois, et surtout, pour les immigrants dont nous avons besoin pour assurer notre avenir collectif ?
Procéder à cette rénovation nationale pendant la fête du Canada, ensemble, premiers, anciens et récents habitants ne serait-il pas l'occasion de fêter à notre façon cet anniversaire ? Qui sait, une fois la fierté retrouvée et mieux partagée pour notre maison rénovée, le goût du pays pourrait bien nous reprendre et de ce fait, créer à nouveau une tendance prometteuse au plan politique ? 
J'offre cet espoir, fait de réalisme et d'optimisme, comme un cadeau de Noël à tous les Québécois. 
Denis Forcier
Shefford