Lettre au député François Bonnardel

LA VOIX DES LECTEURS / Tout d’abord, merci de prendre le temps de lire ce mot, puisque j’ai aussi pris de mon précieux temps, avec mon fils, pour pouvoir souligner l’incohérence de la situation dans les services de garde de notre région. J’arrive maintenant à la fin de mon congé de parentalité et j’ai la chance d’avoir une place pour mon petit garçon dans une magnifique garderie subventionnée en milieu familial.

Oui, une éducatrice hors pair accueille mon garçon avec la plus grande douceur et le plus beau des sourires chaque matin. Pour un cœur de mère, cela vaut beaucoup. Cependant, un nuage gris plane au-dessus de nos têtes : la grève des responsables des services éducatifs en milieu familial (RSE).

C’est avec le cœur gros que cette précieuse éducatrice nous sensibilise à sa situation. Lorsque nous ne sommes pas collés à cette réalité, nous n’en avons aucunement conscience, mais lorsque l’on s’arrête et que l’on se questionne, nous comprenons que la situation des RSE au Québec est inacceptable.

On parle souvent de sujets comme la conciliation travail- famille, la place des femmes sur le marché du travail et l’avenir de nos enfants. Ce sont tous des sujets qui nous tiennent à cœur et pour lesquels on se doit d’apporter des changements si l’on veut que ça reste des priorités dans notre société.

Les RSE vous parlent et vous demandent d’apporter des  changements dans leurs conditions et, par le fait même, dans les conditions de nos tout-petits. Ce sont des héros, oui des héros, parce qu’on leur demande d’offrir la sécurité, la stabilité et le développement de nos enfants sans leur dire merci ou bravo pour leur excellent travail. Un salaire équivalent à 12,42 l’heure est inacceptable. Ils vous demandent de l’aide pour offrir le meilleur. On dit aux jeunes de demander de l’aide, de parler, et voilà que leur modèle (leur premier modèle dans la vie) le fait et on ne l’écoute pas. On dit aussi que les jeunes d’aujourd’hui ne veulent plus mettre d’efforts lorsque ça va mal. «Ils préfèrent laisser tomber et recommencer autre chose», paraît-il. 

Ne serait-ce pas ce qui arrive avec les places en service de garde? Il en manque pour accueillir nos petits. Mais au lieu de valoriser ce que nous avons actuellement, on pense à la maternelle 4 ans…

Laissez les enfants être des enfants. Il y a plus de 8000 places non utilisées en milieu familial au Québec! Pourquoi? Parce que l’on refuse de valoriser le métier de responsables des services éducatifs en milieu familial (RSE)! Plusieurs d’entre eux pensent même à quitter leurs fonctions si les conditions ne changent pas.

Mon retour au travail se fera dans l’inquiétude et nous devrons jongler avec la grève jusqu’à ce que les choses changent. Il est temps que les choses changent et qu’on écoute les RSE.

Merci de remplir votre promesse et de bien représenter votre circonscription.

Cassandra Rouleau

Granby