Lettre au cardinal Gérald Cyprien Lacroix

Votre réaction méprisante au débat sur la laïcité justifie à elle seule une charte de la laïcité. Vous avez qualifié de «tempête dans un verre d'eau» un débat où se joue l'avenir des démocraties. C'est une façon insidieuse de dénigrer les efforts d'un peuple qui veut s'affranchir une fois pour toutes des effets néfastes des religions qui ont tout au long de l'histoire divisé les humains et les ont soulevés les uns contre les autres. Tous les pouvoirs, y compris religieux, n'apprécient guère qu'on remette fondamentalement en question leur statut social et leurs intérêts particuliers; c'est pourquoi ils ont toujours lutté avec acharnement contre tout effort d'émancipation de la part des peuples. Que les religions aient été et qu'elles continuent d'être l'un des principaux obstacles à l'émancipation et à l'unification des peuples est un fait attesté par l'histoire et que les médias confirment tous les jours. En qualifiant le débat sur la laïcité d'une «tempête dans un verre d'eau», vous insinuez que le peuple québécois gaspille son temps, son énergie et son argent à vouloir faire progresser le processus de laïcisation exigé par tout gouvernement qui se veut démocratique. Croyez-vous, monsieur Lacroix, qu'autant de Québécoises et de Québécois auraient monté aux barricades avec autant d'intensité et pendant des mois pour une petite «tempête dans un verre d'eau»? Est-ce que les partisans du printemps arabe estimaient perdre leur temps lorsqu'ils risquaient leur vie pour un gouvernement démocratique contre l'intégrisme religieux? Accuser ensuite le débat sur la laïcité de semer la division m'est apparu comme le comble de la mauvaise foi. Vous n'ignorez sûrement pas que la laïcité a été le moyen par excellence que les démocraties naissantes ont trouvé pour empêcher les guerres de religion comme cela se passe encore aujourd'hui dans certains pays. Les catholiques étaient en droit de s'attendre à une tout autre réaction de leur nouveau cardinal sur un sujet aussi crucial qu'épineux.
Votre réaction méprisante au débat sur la laïcité justifie à elle seule une charte de la laïcité. Vous avez qualifié de «tempête dans un verre d'eau» un débat où se joue l'avenir des démocraties. C'est une façon insidieuse de dénigrer les efforts d'un peuple qui veut s'affranchir une fois pour toutes des effets néfastes des religions qui ont tout au long de l'histoire divisé les humains et les ont soulevés les uns contre les autres. Tous les pouvoirs, y compris religieux, n'apprécient guère qu'on remette fondamentalement en question leur statut social et leurs intérêts particuliers; c'est pourquoi ils ont toujours lutté avec acharnement contre tout effort d'émancipation de la part des peuples. Que les religions aient été et qu'elles continuent d'être l'un des principaux obstacles à l'émancipation et à l'unification des peuples est un fait attesté par l'histoire et que les médias confirment tous les jours. En qualifiant le débat sur la laïcité d'une «tempête dans un verre d'eau», vous insinuez que le peuple québécois gaspille son temps, son énergie et son argent à vouloir faire progresser le processus de laïcisation exigé par tout gouvernement qui se veut démocratique. Croyez-vous, monsieur Lacroix, qu'autant de Québécoises et de Québécois auraient monté aux barricades avec autant d'intensité et pendant des mois pour une petite «tempête dans un verre d'eau»? Est-ce que les partisans du printemps arabe estimaient perdre leur temps lorsqu'ils risquaient leur vie pour un gouvernement démocratique contre l'intégrisme religieux? Accuser ensuite le débat sur la laïcité de semer la division m'est apparu comme le comble de la mauvaise foi. Vous n'ignorez sûrement pas que la laïcité a été le moyen par excellence que les démocraties naissantes ont trouvé pour empêcher les guerres de religion comme cela se passe encore aujourd'hui dans certains pays. Les catholiques étaient en droit de s'attendre à une tout autre réaction de leur nouveau cardinal sur un sujet aussi crucial qu'épineux.
Gaston Marcotte, Ph.D Professeur associé, Université Laval Québec
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