François Bonnardel

Lettre à François Bonnardel

J'ai entendu François à quel point la maladie d'Alzheimer de ta mère t'attristait profondément. J'aimerais te partager bien fraternellement ma réflexion sur ce sujet fort délicat.
Je ne veux surtout pas te causer de soucis supplémentaires, mais comme la problématique avec ta mère est rendue publique, je veux te communiquer en toute simplicité ma vision des choses. Tout d'abord, j'aimerais te partager une grande conviction personnelle. Je crois que la vie est une grande école de l'amour et que celui-ci est appelé à devenir de plus en plus inconditionnel.
L'exemple le plus pertinent est sans contredit l'amour parental. Après avoir entendu ton touchant témoignage récemment, je ne doute pas un seul instant que tu aimes ta mère. Toutefois, je dois te dire que je ne crois pas que l'aide médicale à mourir est le remède approprié dans cette situation concrète. Ce qui est paradoxal cependant, j'en conviens, c'est que ta mère à cause de sa maladie est devenue un peu comme ton enfant. Pour savoir comment te situer dans tout cela, je t'invite à t'imaginer tout ce que ta mère a pu faire pour toi alors que tu étais bébé. Tu ne savais pas dire son nom pourtant elle te souriait. Tu ne pouvais pas te nourrir toi-même pourtant elle te présentait son sein sans hésitation. Tu étais incapable d'assurer ta propre protection pourtant elle était là pour te protéger de tous et de tout. Je pourrais prolonger cette liste encore longtemps tu sais, mais je pense que tu as compris que le vrai remède à l'égard de ta mère est ton amour inconditionnel.
Je suis bien conscient que sa situation t'entraîne bien malgré toi, j'en conviens, à entrer dans ce grand mystère de l'amour inconditionnel. J'ose te dire que je te sais capable de cela. Je sais aussi que tu sais recourir aux ressources disponibles pour t'aider dans cette situation. J'aimerais aussi que tu saches que je prie pour toi et ta mère.
Claude Lamoureux, prêtre
Granby