Les soldats de la famille Trudeau

LA VOIX DES LECTEURS / Aujourd’hui on dit de moi que je fais partie d’une génération à haut risque et pour cette raison on voudrait me cloîtrer. Même si quelqu’un des médias m’a dit un jour que mes écrits ne me font pas nécessairement des amis, j’ose quand même vous proposer ce qui va suivre sur le sujet de l’heure.

Je n’écris pas pour me faire des amis. Par contre je ne vais pas vous donner mon adresse de peur de provoquer un rassemblement illégal dans le but de venir me lapider.

D’abord, un tout petit peu d’histoire. Étant très jeune, je me souviens encore de mon père qui nous racontait qu’à l’âge de quatorze ans il avait perdu sa mère, morte de la grippe espagnole, tandis que son père se promenait de maison en maison pour y sortir les cadavres afin de les entasser dans un tombereau tiré par un cheval.

Ce virus a tué 50 millions de personnes sur terre et à cette époque, il n’y avait pas de radio, de télévision ni de média et encore moins de Denis Lévesque. Par chance ?

Un peu plus tard, soit en 1970, j’étais étudiant à l’Université Laval. À un moment donné, je fus accueilli à ma chambre par un soldat armé d’une mitraillette pour m’identifier, car je ne demeurais pas très loin d’un sénateur.

Ces soldats nous avaient été envoyés par le père de Justin — à ce sujet un ancien ami pourrait vous en parler plus longuement, mais il n’est plus de ce monde tout comme son chef M. René Lévesque, il s’appelait Gérald Godin, un chic type.

Parlons de ce qui se passe maintenant, une époque très difficile pour tout le monde.

Personnellement, je crois encore que dans le peuple québécois, la majorité des gens sont des personnes responsables, obéissantes, disciplinées et bien au fait des risques courus à cause de ce virus. Je dis donc aux messieurs Arruda et Legault de ne pas verser vers le sensationnalisme et le vedettariat, car un minimum de liberté est essentiel pour survivre à cette crise planétaire.

Il faut faire attention de ne pas provoquer les gens et surtout pas de revoir cinquante ans plus tard, les soldats de la famille Trudeau envahir les rues de ce que l’on appelle encore notre province. Je tiens quand même à féliciter nos élus pour le travail accompli.

Yvon Lavoie

Granby