Les personnes assistées sociales abandonnées à leur sort

LA VOIX DES LECTEURS / Comme la majorité des gens, les personnes assistées sociales ont été durement affectées par la crise de la COVID-19. Nous ne comprenons pas pourquoi le gouvernement québécois refuse de leur accorder une aide d’urgence.

D’une part, les personnes assistées sociales font face à des dépenses supplémentaires, beaucoup à cause de l’augmentation du prix de certaines denrées alimentaires et de la moins grande disponibilité des produits de format économique, de marque maison ou en vrac.

D’autre part, il est plus difficile de compter sur le soutien des proches ou de travailler un peu pour gagner une partie des 200 $ mensuels permis. Sans oublier que les ressources communautaires sont plus sollicitées que jamais et que certaines sont même fermées.

Une personne seule avec des contraintes sévères à l’emploi reçoit 1088 $ par mois, alors qu’une personne jugée sans contraintes touche 690 $ par mois, à peine de quoi couvrir la moitié des besoins fondamentaux. Ces montants sont insuffisants pour bien vivre au Québec en temps normal. Imaginez en temps de crise!

Quand on n’a aucune marge de manœuvre financière, tout imprévu est source de stress et peut entraîner de graves impacts sur la santé physique et psychologique des gens. Si on ajoute à cela les préjugés persistants d’une bonne partie de la population envers les personnes assistées sociales, même en ces temps difficiles, la coupe est pleine.

Dès le début de la crise, nous avons alerté le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet. Il est parfaitement au courant de la situation. Pourtant, il refuse obstinément d’accorder une aide d’urgence aux personnes assistées sociales.

C’est comme s’il avait décidé d’abandonner à leur sort les personnes les plus mal prises de la société. Comme s’il avait oublié ses responsabilités de ministre de la Solidarité sociale pour se concentrer uniquement sur les secteurs du travail et de l’emploi.

Par son indifférence et son refus d’agir, le gouvernement bafoue le droit des personnes assistées sociales à vivre dans la dignité. Il doit corriger le tir maintenant.

Irina Gueorguiev et Serge Petitclerc,

respectivement porte-parole du Front commun des personnes assistées sociales du Québec et du Collectif pour un Québec sans pauvreté