Lundi, le premier ministre du Québec a pris une grande décision en décidant de fermer les écoles secondaires jusqu’en septembre, mais il a oublié tellement de personnes en cours de route.
Lundi, le premier ministre du Québec a pris une grande décision en décidant de fermer les écoles secondaires jusqu’en septembre, mais il a oublié tellement de personnes en cours de route.

Les grands oubliés de cette crise

LA VOIX DES LECTEURS / Lundi, le premier ministre du Québec a pris une grande décision en décidant de fermer les écoles secondaires jusqu’en septembre, mais il a oublié tellement de personnes en cours de route.

Depuis des semaines, tellement de jeunes sont impatients de retrouver leurs amis, leur vie normale et tout cela passe par un retour à l’école. C’est pourquoi aujourd’hui je tenterai de me faire le porte-parole de ces centaines de milliers de jeunes de 13 à 17 ans qui sont les grands oubliés de cette crise, car aujourd’hui, ces jeunes sont perdus et sans repères.

Les jeunes dont je vous parle, ce sont les personnes qui constituent la même clientèle que les élèves du primaire. Nous sommes ceux sur qui le gouvernement aurait dû parier pour reprendre une certaine normalité, car selon les statistiques, nous aussi pouvons nous permettre de contracter la COVID-19.

Les élèves du secondaire sont en réalité les personnes qui souffrent le plus de ce confinement. Ces jeunes de 13 à 17 ans, sont tout comme les plus jeunes, desservis par les pédiatres du Québec, et nous savons tous que les pédiatres ont fortement recommandé un retour aux études pour nous aussi.

Effectivement, ces spécialistes ont longuement expliqué que notre tranche d’âge est très peu à risque, et que si nous voulons créer une immunité de masse, elle devra passer par nous au même titre que dans les élèves des écoles primaires.

En décidant de reporter l’ouverture des écoles secondaires, François Legault et la santé publique mettent à risque la santé de plusieurs adolescents.

Ils abandonnent tous les jeunes qui souffrent de troubles liés à la santé mentale, tous les jeunes toxicomanes, tous les jeunes qui comptaient sur l’école pour échapper l’enfer qui se trouve à la maison, et ils sont plus que ce qu’on croit.

Les autorités laissent les jeunes anxieux seuls à la maison sans leur donner espoir, ils laissent les étudiants qui ont des problèmes d’apprentissage se débrouiller seuls. Ils oublient les jeunes qui ont des envies suicidaires et qui se retrouveront seuls à la maison une fois leur jeune frère et sœur retournés au primaire et leurs parents au travail.

Tellement de jeunes, dont moi, ont énormément de difficulté à accepter qu’ils ne puissent pas revoir leurs amis pour une dernière fois, vivre des étapes qui leur étaient destinées, mais qui leur sont arrachées. Comment pouvons-nous oublier tous ces finissants de 17 ans dépressifs qui n’ont pas le droit de voir pour une dernière leurs plus vieux amis avant que leurs chemins se séparent à cause de leurs différents choix au cégep ?

Comment pouvons-nous oublier ces parents dont leur fille de 16 ans mettra fin à ses jours, car elle n’en pourra plus d’être isolée ? Comment pouvons-nous oublier toutes ces violences faites à ce garçon de 15 ans, car plus personne ne voit ces bleus à l’école ? Comment pouvons-nous oublier qu’une jeune de 14 ans développera une dépression, car elle n’a plus d’espoir de retrouver sa vie d’avant ? Comment pouvons-nous oublier le jeune de 13 ans devenu accro aux jeux vidéo ?

Certes, vous me direz que les cours reprendront en ligne et que des psychoéducatrices seront mises à notre disposition, mais nous avons désespérément besoin d’un contact humain.

Expliquez donc à tous ces élèves de 13 à 17 ans que leur solitude, leur angoisse, leur chagrin ne prendront pas fin pour encore des mois. Nous sommes oubliés. Nous n’accepterons pas d’être des statistiques d’enfants battus, d’enfants suicidaires, d’enfants anxieux, ni même d’enfants dépressifs. Nous voulons être la preuve qu’un retour à la normalité est proche.

Le premier ministre Legault dit que ses choix sont pris en faveur de la santé publique, mais clairement, avec les dernières décisions que le gouvernent a annoncé, l’économie semble être sa principale préoccupation. Il n’y a de ça que quelques jours, le Dr. Horacio Arruda et le premier ministre Legault désiraient un retour progressif dans les établissements scolaires en vue de préserver la santé mentale de toute la société.

Pourtant, aujourd’hui monsieur Legault et monsieur Arruda nous démontrent que l’économie passe d’abord et avant tout. Nous nous sentons délaissés et oublier. Nous qui sommes clairement plus conscients de la situation et qui comprenons l’importance de se protéger que les élèves du primaire. Alors que nous sommes dans une période critique de notre développement, et que nous avons besoin de retrouver une normalité pour notre bien, le gouvernement nous laisse tomber.

Les centaines de milliers de jeunes du secondaire, en tant que citoyens, ont besoin et méritent des réponses à leurs questions, et vous avez la possibilité d’être la voix de tous ces élèves qui n’en peuvent plus de rester chez eux. Ensemble, nous pourrons montrer que nous tenons à la santé mentale de tellement de jeunes de partout au Québec.

Elliott Grondin

Étudiant en cinquième secondaire