L’école une semaine sur deux

LA VOIX DES LECTEURS / La décision prise par le ministre Roberge lundi d’ouvrir les écoles primaires me semble improvisée, peut-être même hâtive. D’autant plus qu’il a, lors de son annonce cette semaine, insisté plus d’une fois pour dire qu’il agissait selon le point de vue de la santé publique et non du point de vue de l’éducation publique.

Il est vrai que depuis plusieurs jours l’association des pédiatres recommandait cette ouverture afin de protéger les enfants les plus vulnérables tant au plan psychologique que scolaire. On ne peut pas être contre une telle ouverture pour de telles raisons, quoique si cela s’avère dans les faits une erreur et qu’il faut reculer, ce n’est pas le gouvernement qui sera blâmé, mais plutôt la santé publique et c’est en mettre beaucoup sur ses épaules.

Personnellement, j’aurais préféré une décision éducative qui a l’aval de la santé publique. Ce qui signifie que le ministre aurait fait les consultations nécessaires pour obtenir un consensus de la part des directions d’écoles, des directeurs des centres de services, mais surtout de la part des syndicats .

Un consensus autour d’un plan de réouverture des écoles qui soit sécuritaire, solidaire de tous les acteurs et actrices de l’éducation et qui constituerait un élan courageux du milieu éducatif pour apporter une forme d’espoir quant à la réussite du plan de déconfinement nécessaire et le plus rapidement possible, lequel ne peut se poursuivre sans une détérioration de la santé financière et mentale à la fois des jeunes et de leurs parents. Évidemment, un tel plan serait sous la loupe de la santé publique à la fois pour son approbation, mais aussi en cas de nécessité de son interruption.

La question qui se pose : est-il trop tard pour envisager les choses autrement et rapidement ? Je ne crois pas, comme on dit , en temps de crise il faut savoir se revirer sur un dix cennes. Je fais donc cette proposition au ministre Roberge:

Toutes les écoles primaires et secondaires rouvriront le 19 mai. Le port du masque sera obligatoire pour tous les enseignants(es). Cependant les élèves fréquenteront les classes une semaine sur deux en alternance. La première semaine, par exemple, ce sera les élèves dont le nom de famille commence par la lettre A jusqu’à K. La deuxième semaine suivra les élèves de L à Z. Ceci, évidemment, pour favoriser la distanciation par un nombre d’élèves réduit. Évidemment, chacun de ses groupes fonctionnant en alternance ne pourront avoir que trois semaines de classe d’ici la fin de l’année scolaire.

Si le ministre adoptait cette approche, en ouvrant toutes les écoles donc le 19 mai, cela permettrait de préparer au mieux parents et enseignants(es). Pour ces trois semaines de classe, il est aussi possible de prévoir des contenus de programme stratégiques pour soit améliorer soit poursuivre les apprentissages pour tous les élèves .

Mais le plus important serait de permettre à tous les élèves, sans distinction de performance, de vivre ensemble une fin d’année près de la normale du point de vue éducatif et certainement positive du point de vue de la santé mentale et psychologique pour eux, mais aussi pour leurs parents, et bien sûr toute notre société.

Denis Forcier

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