Justin Trudeau
Justin Trudeau

Le vrai scandale éthique

LA VOIX DES LECTEURS / Hélène Buzzeti a fait dans les pages du Devoir le 31 juillet un excellent reportage concernant Justin Trudeau et son programme d’aide rémunéré afin de stimuler le bénévolat jeunesse, un programme qu’il a dû abandonner d’ailleurs étant donné la controverse éthique soulevée par le fait que la fonction publique a jugé bon de confier la gestion de ce programme à UNIS, cet organisme qui avait payé déjà 352 000$ pour des conférences données par les proches du premier ministre, en particulier sa mère et son frère.

Dans son récent témoignage devant un comité parlementaire, Justin Trudeau, comme le rapporte justement Hélène Buzzeti, a affirmé qu’il ne voulait pas d’UNIS et qu’il a fait réviser cette option par la fonction publique parce qu’elle était de nature à soulever une controverse éthique préjudiciable à son gouvernement. La journaliste concluait ainsi : « Les députés de l’opposition se sont montrés peu convaincus par les explications de Justin Trudeau. Pour eux, la cause était déjà entendue .»

Voilà le vrai scandale éthique : des partis d’opposition qui cherchent, pour des raisons électoralistes, à maintenir le premier ministre dans l’eau chaude de la controverse éthique, et ce, sans démontrer hors de tout doute qu’il y a une collusion malsaine entre UNIS et le gouvernement Trudeau.

En effet, ils nous répètent depuis le début de cette affaire que la mère de Justin Trudeau et son frère auraient été payés par cet organisme 352 000 $ pour donner des conférences. Or, jamais ils n’ont dit pour combien de conférences et à quel prix pour chacune. Et surtout, si ce prix est comparable à celui payé pour des conférenciers d’égal prestige. Parce que la clé de l’affaire se situe bien à ce niveau.

En effet, si UNIS a payé un prix disproportionné pour ces conférences, il apparaît clairement que cet organisme a privilégié la famille Trudeau. Et si tel est le cas, elle se discrédite elle-même et discrédite les fonctionnaires qui l’ont proposée comme seule option éthique et crédible pour administrer un tel programme de bénévolat, et du coup, elle discrédite, à juste titre, le premier ministre. Dans ce cas, il deviendrait bien sûr raisonnable, comme le Bloc le propose, de lui demander de se retirer le temps que l’enquête prévue à ce sujet donne ses résultats.

Les partis d’opposition n’ayant pas fait ce travail de clarification, ils ne peuvent pas en conséquence accuser Justin Trudeau de manquement à l’éthique. Tout au plus, peuvent-ils prétendre qu’il y a apparence de conflit d’intérêts. Ce qui me fait conclure que nos partis d’opposition ont fait perdre un temps précieux à tous nos concitoyens en cette période difficile de Covid-19 pour simplement nous distraire par une autre histoire de «black face» concernant Justin Trudeau, qui en fait a tout l’air d’une opération de «noircissage» de sa face pour des raisons d’opportunisme électoral.

Denis Forcier

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