Le respect des règles à la commission scolaire du Val-des-Cerfs (CSVDC)

Les représentants de la CSVDC font grand cas du respect des règles et des orientations du ministère de l'Éducation. Du moins, en apparence.
En effet, en réponse à la grogne des milieux quant à sa politique d'achats groupés, la CSVDC a répondu que c'était pour respecter les exigences de la Loi sur les contrats des organismes publics (LCOP). Selon le directeur général de la CSVDC, «on gagne à acheter au volume, avec un regroupement, plutôt que d'acheter à la dernière minute sur le coin du bureau. Un achat unique qui va te coûter 5 $ de plus, tu le multiplies par 1500 enseignants, tu comprends vite que la saine gestion des fonds publics ne s'applique plus.» (réf. La Voix de l'Est, 2 septembre 2016)
Le SEHY a invité ses membres à lui soumettre les situations déplorables qu'ils vivent au quotidien avec cette règle d'achats groupés. Dernier témoignage reçu: «Je dois me procurer 8 grands cartons pour un projet de classe. Le genre de carton que l'on peut se procurer à 1 $ (1,15 avec taxes) l'unité au Dollarama. Dans mon cas, je dois les acheter chez Brault et Bouthillier à 7,29 $ chacun. 58,32 $ au lieu de 9,20 $...» Multipliez ça par 1500 enseignants, pour reprendre les paroles du directeur général de la CSVDC : «[...] tu comprends vite que la saine gestion des fonds publics ne s'applique plus» ! Et l'on n'a même pas encore abordé le temps consacré à la bureaucratie plutôt qu'au service à l'élève...
Quant au «respect des règle», le régime pédagogique prévoit un certain nombre de cours obligatoires pour l'obtention du diplôme d'études secondaires. Les cours de mathématiques, de français et d'anglais bien entendu, mais aussi d'autres cours, notamment, le cours de monde contemporain, en cinquième secondaire. Ces cours se retrouvent sur la grille-matières établie par le ministère de l'Éducation. Pour déroger à ce qui est prévu à la grille-matières (pour des programmes d'études locaux comme le sport-études), la commission scolaire doit préalablement faire une demande de dérogation, par exemple, pour réduire le nombre d'heures prévues à la grille pour chacune des matières au programme. En tout temps cependant, la commission scolaire devra s'assurer que les élèves auront quand même vu l'ensemble du programme, malgré la réduction du nombre d'heures prévues pour un ou des cours.
Comme plus d'une cinquantaine d'élèves d'une école secondaire près de chez vous n'avaient pas le cours de monde contemporain à l'horaire, le SEHY a demandé à la CSVDC, en vertu de la loi d'accès à l'information, une copie de la demande de dérogation qui avait été faite au ministère de l'Éducation, ainsi que la réponse du ministère, le cas échéant. La réponse reçue de la CSVDC à cette demande est claire: «En lien avec cette demande, aucun document n'est disponible.» Aucune demande n'a donc été faite par la CSVDC. Les règles n'ont donc pas été respectées.
À la CSVDC, le respect des règles, c'est donc à géométrie variable.
Éric Bédard
président du Syndicat de l'enseignement de la Haute-Yamaska (SEHY)