À New York, les hôpitaux sont pleins et nombreux ont converti leurs salles d’urgence en unités de soins intensifs.
À New York, les hôpitaux sont pleins et nombreux ont converti leurs salles d’urgence en unités de soins intensifs.

Le Québec doit diriger, pas suivre mon pays

LA VOIX DES LECTEURS / J’écris, du territoire de Trump, à mes amis du Québec. J’ai quitté Sutton et j’ai traversé la frontière du Canada vers les États-Unis le 19 mars, un jour avant sa fermeture à la circulation non essentielle. Maintenant, je suis dans l’épicentre de l’épidémie du coronavirus aux États-Unis. Je suis en quarantaine à Long Island, New York, car je crois que c’est un impératif moral pour moi de rester avec ma mère de 94 ans et d’être près des autres membres de ma famille pendant cette crise.

Ici, à New York, les hôpitaux sont pleins. Nombreux ont converti leurs salles d’urgence en unités de soins intensifs. Des hôpitaux temporaires se trouvent désormais dans les stationnements des hôpitaux, sur la pelouse de Central Park, dans les arénas, les centres de congrès, les stades.

Les salons funéraires ne sont pas en mesure d’amener tous les cadavres dans les cimetières. De nombreux corps sont placés dans des congélateurs dans des camions stationnés à l’extérieur des hôpitaux et des salons funéraires. Beaucoup de gens ont peu ou pas de nourriture et peu ou pas d’argent.

Je ne connais pas de statistiques fiables, mais ce doit être un nombre effrayant de personnes à New York et dans d’autres états qui n’ont pas les nécessités les plus élémentaires pour vivre et qui en meurent.

J’ai un ami à Sutton qui suggère que ceux d’entre nous qui sont à New York en ce moment sont comme des canaris dans une mine. Le nombre d’entre nous qui mourra à New York servira à avertir le Québec de ce qui peut se passer là-bas dans un proche avenir.

En même temps, il y a de vrais canaris et de vrais oiseaux de toutes sortes qui respirent de l’air sur cette planète qui pourrait être plus propre et plus saine qu’il y a un mois, parce que nous, les animaux humains, avons été contraints d’arrêter ou de réduire nos activités qui polluent l’air. Le message zen de se rappeler que tout est connecté et que tout change est clarifié et amplifié par cette expérience de la COVID-19, n’est-ce pas ?

Y a-t-il quelque chose qui doit changer (et augmenter) plus que la quantité d’attention que nous accordons aux façons dont nous sommes tous connectés les uns aux autres ?

Dans quelle mesure nos chefs religieux et politiques agissent-ils comme si nous étions tous connectés les uns aux autres ? Le président du pays dans lequel je suis citoyen divise les gens afin de maintenir son pouvoir. Parmi ses alliés les plus puissants figurent les chefs religieux qui divisent les gens afin de maintenir leur pouvoir. Plus le pays dont je suis citoyen agit comme si Dieu était américain, plus il est incapable d’être un chef de file d’autres pays.

À mes amis du Québec, je dis donc ne suivez pas le modèle de mon pays. Menez mon pays par votre exemple.

John-Jean Ofrias

New York et Sutton