Le logement: un droit fondamental

La Déclaration universelle des droits de l'homme, adoptée à la formation de l'ONU (Organisation des Nations unies), proclame que le droit au logement pour tout être humain est un droit fondamental. Pami les pays membres du G7, le Canada est le seul pays à ne pas avoir une telle Loi sur le logement.
Au moment où les conservateurs étaient au pouvoir, le NPD avait tenté à deux reprises de doter le Canada d'une loi assurant aux Canadiens un logement sûr, adéquat, accessible et abordable. À leur dernier essai, le projet de loi C-400 avait reçu l'appui des libéraux fédéraux, alors minoritaires. Mais, voilà que maintenant que les libéraux de Justin Trudeau­ sont au pouvoir, le PLC a choisi d'adopter une Stratégie nationale en matière de logement, sans adopter au préalable une Loi sur le logement. Il aurait été pourtant logique de voir la Chambre des communes adopter d'abord une telle loi fondamentale, puis, comme outil de mise en oeuvre de cette loi, se doter d'une Stratégie nationale.
Lors du budget, les libéraux fédéraux ont annoncé des milliards de dollars sur plusieurs années pour tout le pays, afin d'actualiser leur promesse en logements abordables. Mais, avec le climat d'incertitude grandissante qui sévit en économie, tant au niveau de l'ALENA qu'au niveau mondial, de telles promesses uniquement pécuniaires peuvent vite se volatiliser. Une Loi sur le logement serait beaucoup plus stable dans le temps. L'éthique de rénover et de construire des logements en proportion aux besoins de la population est double. Non seulement légiférer dessert ce droit fondamental au logement, mais encore le logement est un déterminant de la santé. À l'heure où le fédéral a coupé de moitié ses transferts en santé aux provinces, pourquoi ne pas au moins garantir ce droit au logement dans une loi qui l'énonce clairement ?
Mais, y a-t-il une alternative pour avoir au moins au Québec­ une Loi sur le logement ? La réponse est oui. Le Québec a su par le passé faire autrement du fédéral. Lorsque les conservateurs se sont retirés de l'Accord de Kyoto, en matière de gestion des gaz à effet de serre, le Québec a su aller de l'avant et joindre la Bourse du carbone de la Californie. Pourquoi le Québec ne saurait-il pas aujourd'hui doter la province d'une Loi sur le logement, avec comme moyen de mise en oeuvre, des fonds suffisants et l'intervention souple de la Société d'habitation­ du Québec ?
Globalement, on voit la moitié de la richesse du monde se concentrer entre les mains des plus riches, soit chez à peine 1 % des humains sur Terre. Dans nos pays pourtant avancés, on voit le nombre de personnes pauvres augmenter. Les jeunes familles, dont les deux parents touchent le salaire minimum, sont souvent pauvres et mal logées. On voit aussi davantage de personnes être confinées à l'itinérance. Il y a moyen de faire mieux et cela commence par une Loi sur le logement.
Puisse le droit universel à des logements sûrs, salubres, accessibles, abordables et adéquats pour chacun être reconnu pour tous les citoyens, canadiens et québécois !
Luce S. Bérard
Granby