Le deuil d’une partie de notre identité

LA VOIX DES LECTEURS / Le Journal de Montréal dans son édition du mardi 17 septembre montrait une photo de l’alcôve dans laquelle reposent désormais les deux «Christ en croix» qui se sont succédé au-dessus du fauteuil du président(e) de l’Assemblée nationale , l’un depuis 1936 et l’autre depuis 1982. Ce fut le prix à payer par nos députés pour la proclamation par la loi 21 de notre laïcité le 16 juin dernier.

Cette triste photo invite donc les Québécois à faire le deuil d’une partie de leur identité. Ce crucifix à l’Assemblée nationale rappelait en fait, indépendamment des circonstances qui l’y a amené, que notre histoire a commencé en 1534 par la plantation d’une croix à Gaspé et que pendant longtemps la foi chrétienne fut la gardienne de la langue française et vice-versa, ce qui assurait l’intégrité et la pérennité de notre identité.

Il est à espérer que nos députés sauront, pour apaiser ce deuil, faire de la laïcité, et rapidement, une occasion de renforcement de notre identité nationale et que les pieds qu’ils remettront bientôt dans cette enceinte délibérative officiellement laïque nous mèneront en conséquence à un stade de notre histoire plus avancé et nécessairement rassembleur.

Denis Forcier - Shefford