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L’auteur déplore le danger que courent les cyclistes aux traverses.
L’auteur déplore le danger que courent les cyclistes aux traverses.

Le danger des traverses cyclistes

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LA VOIX DES LECTEURS / Cette semaine, le Service de police de Granby, en réaction à une collision qui a eu lieu le mois dernier, a lancé une campagne de sensibilisation des cyclistes sur le fait qu’ils n’avaient pas la priorité quand ils traversent les routes qui croisent l’Estriade.

Cette partie très achalandée de la Route verte compte jusqu’à 3300 passages/jour selon Vélo Québec, dont bien sûr beaucoup de familles. Il est stupéfiant de voir le danger que représentent ces traversées.

En effet, qu’on soit piéton ou cycliste, on y croise des véhicules lancés à 90 km/h. On compte sur un simple panneau pour espérer que la personne qui traverse ait la vie sauve et que les véhicules s’immobilisent si elle s’engage. Comble de l’ironie, on demande au cycliste de descendre de son vélo, et donc de traverser lentement, souvent avec des chaussures inadaptées à la marche, pour avoir droit à cette même priorité. Aussi, quand on cherche dans les articles de presse, on trouve facilement des accidents relatifs à ces intersections.

Et pourtant rien ne change.

Le Code de la sécurité routière décrit le principe de prudence dès l’article 3.1 : « Tout usager de la route est tenu, surtout à l’égard de celui qui est plus vulnérable que lui, d’agir avec prudence et respect lorsqu’il circule sur un chemin public. Le conducteur d’un véhicule routier est tenu de faire preuve d’une prudence accrue à l’égard des usagers plus vulnérables, notamment les personnes à mobilité réduite, les piétons et les cyclistes. »

Pourtant on accepte encore d’avoir des aménagements routiers qui ne respectent pas ce principe et créent un danger évident.

De facto, cela implique aussi qu’aux endroits où ce genre de signalisation a été installé, il a été décidé qu’il était préférable de laisser les automobilistes filer à vive allure et risquer la mort d’un piéton ou d’un cycliste, plutôt que de ralentir le trafic dangereux.

Ça veut aussi dire qu’un ingénieur a signé un plan qui accepte ce risque plutôt que de protéger le public, alors que le code déontologique auquel il a adhéré lui ordonne de le faire.

Combien de victimes faudra-t-il accepter au Québec pour qu’on mette la sécurité des plus vulnérables au coeur de nos déplacements?

Sébastien Carrillo

Montréal