Le Cirque du Soleil et sa part d'âme!

LA VOIX DES LECTEURS / Nous le savons tous, Guy Laliberté est un des fondateurs, en 1984, du Cirque du Soleil. 

Il en a assuré la pérennité jusqu’en 2015 en tant qu’actionnaire principal, mais il a aussi été directeur artistique durant de longues années. Le Cirque, c’est un enfant qu’il a vu grandir et s’épanouir. Il a veillé sur lui et il a pris soin de son âme, si je puis dire.

En 1980, de passage à l’auberge Le Balcon vert de Baie-Saint-Paul, j’ai eu le loisir de croiser le jeune artiste de rue Guy Laliberté. Je me souviens surtout de l’avoir vu haut perché sur des échasses avec un nez de clown. Il y avait un chapeau par terre devant lui. Je lui avais donné 50 cents. Il avait alors esquissé un grand sourire tout en faisant un geste large d’une de ses échasses. Un rituel qu’il semblait faire chaque fois qu’un spectateur lui faisait une offrande pour souligner ses prouesses d’échassier.

On se souvient des premiers grands spectacles du Cirque, dont Alegría. L’âme du Cirque du Soleil était palpable. L’émotion et l’émerveillement étaient au rendez-vous.

Guy Laliberté a annoncé dernièrement qu’il désirait racheter, avec un groupe d’investisseurs, le cirque qu’il a fondé il y a un peu plus de 35 ans. Il nous a dit qu’il voulait retrouver l’âme du Cirque du Soleil. Et moi, je le crois sincère et je salue celui qui veut reconquérir son propre cirque, qu’il avait laissé filer aux quatre vents. Robert Lepage et Franco Dragone, qui ont créé de grands spectacles avec le Cirque, saluent eux aussi l’initiative de Laliberté.

Le Cirque du Soleil, c’est en grande partie la signature de Guy Laliberté. C’est en quelque sorte une part de son âme à lui. Il a le fervent désir de repartir à zéro, de relancer la belle aventure avec des artisans du Québec. De grâce, laissons-le aller de plus belle vers sa reconquête!

Yvan Giguère 

Saguenay