Visiblement, les États-Uniens ont plus de considération pour le cheval que les Canadiens ou les Européens, affirme François Simard.

Le cheval à l'honneur à Bromont

Pour sa 42e édition, l'International Bromont réunit jusqu'au 6 août la crème des chevaux. Mais au fait, les chevaux, c'est bien avec de la crème ?
Lors d'un dîner d'affaires qui réunissait une douzaine de convives, dont cinq États-Uniens, nous étions prêts à commander. Ma conjointe et moi, comme c'est le cas habituellement, étions les seuls végétariens autour de la table. Nous avons été ravis de voir au moins une option qui cadrait avec nos préférences culinaires sur un menu très axé sur la viande. Nos invités avaient davantage d'options : canard, pintade, boeuf, agneau, cheval, porc, lapin.
Un des États-Uniens, après avoir fait le choix du confit de canard, me confie justement qu'il s'étonne d'un des animaux sur le menu qu'on ne retrouverait pas dans les restaurants aux États-Unis. C'est qu'en Europe, tout comme au Canada, la viande chevaline est appréciée et sa consommation ne soulève aucune controverse. Pourtant, aux États-Unis, consommer du cheval n'est plus une option. Depuis que la Californie a statué en 1998 de bannir l'abattage de cheval pour en faire de la viande, l'idée a fait son chemin à travers tous les États-Unis jusqu'à la Maison-Blanche, qui prohibe depuis 2014 la transformation de cheval en viande.
Visiblement, les États-Uniens ont plus de considération pour le cheval que les Canadiens ou les Européens. Le considèrent-ils davantage comme un animal partenaire historique du développement du pays, un fidèle compagnon ou serait-ce simplement le résultat d'une campagne de propagande d'une industrie qui offre un produit concurrent ? Inutile pour moi d'en faire un plat, je suis évidemment heureux qu'un si grand pays ait banni le cheval de son assiette. Quant au Canada et l'Europe qui ne l'ont pas fait, je dirai simplement ceci : « henni soit qui mal y pense ».
Suite à ce constat de différences culturelles entre le Canada et les États-Unis, deux pays à l'histoire similaire, je ne peux m'empêcher de faire le parallèle avec la popularité de la viande canine en Chine. Pour la majorité des Occidentaux, manger un chien, l'animal de compagnie par excellence, relève d'une ignominie abjecte.
Les Européens ou les Nord-­Américains ne mettent pas de chiens ou de chats dans leur assiette, car ils y sont trop attachés émotivement. Par contre, lorsqu'il s'agit de boeufs, vaches et de leurs petits, c'est unanime, ça passe bien dans l'assiette. On attribue aux animaux de compagnie une sensibilité plus importante qu'aux animaux de la ferme ou même au valeureux cheval.
La question à se poser : un États-Unien considère-t-il aussi odieux de retrouver du cheval au menu d'un restaurant chez nous que nous de voir du chien sur le menu ? Sans doute que les restaurants de Bromont­ ne prendront pas la chance d'offenser les touristes avec une option chevaline.
François Simard
Alternatives Végétales, Bromont