Le centre-ville: jardin de culture

J'étais assise dans l'église, envoûtée par les accords de la musique qui virevoltaient sous la voûte du choeur de l'église Notre-Dame. Les violons, violoncelle et contrebasse, supportaient la pureté des voix du Choeur St-Laurent qui entamait le Kyrie eleison (Seigneur, ayez pitié). Moment de grâce. «Quelle parfaite harmonie, me dis-je. L'église, lieu de recueillement, d'élévation, de contemplation.». C'est à ce moment précis que le rêve émergea.
Bien sûr, un rêve n'est qu'un rêve. Il ne s'encombre pas de contraintes. Finance, technique, administration, politique, tous ces aspects lui échappent. Un rêve est une vision, un souffle, un élan. Un rêve est aussi fugace que le vent.
Christe eleison (Christ ayez pitié), chantait le Choeur. J'imaginais l'église Notre-Dame définitivement consacrée à sa mission de célébration musicale. J'imaginais les chanteurs et les musiciens y glorifiant les temps heureux de l'année; Noël, Printemps, Action de Grâce.... J'imaginais nos jeunes, enfants et adolescents, y venir pour s'éveiller à la musique, pour s'émerveiller de ses vitraux, de ses peintures.
Gloria in excelsis Deo, (Gloire à Dieu au plus haut des cieux) entamait le choeur. J'imaginais le nouveau pavillon du cégep installé dans l'édifice situé face au Palace, vacant depuis l'automne dernier. J'imaginais un jardin linéaire reliant ce pavillon au pavillon de la rue St-Joseph. Le campus au centre-ville.
J'imaginais encore une bibliothèque lumineuse, abondamment vitrée, nouvellement construite sur l'emplacement de l'actuelle piscine, au coeur du parc Miner; le pavillon du savoir. Je voyais les cégépiens circulant sous ses arbres centenaires, allant joyeusement d'un pavillon à l'autre. Le centre-ville, un couloir culturel, un jardin de culture.
Et in terra pax (et paix sur la terre), exultait le choeur.
Un rêve est un rêve; une vision, un souffle, un élan ...
 
Nicole F. Martel,
Granby