Laïcité et liberté religieuse

LA VOIX DES LECTEURS / Le gouvernement québécois veut revoir le cours d’enseignement éthique et religieux. Peut-être que nos écoles devraient-elles plutôt enseigner les compétences psychosociales, mais laisser l’opportunité aux groupes religieux de faire leur propre enseignement religieux.

La laïcité est définie comme le « principe de séparation dans l’État de la société civile et de la société religieuse » et « d’impartialité ou de neutralité de l’État à l’égard des confessions religieuses ». 

L’évangile selon St-Luc (20-25) écrit que Jésus a dit : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » (Évangile de Luc 20-25). 

Cette phrase peut être interprétée comme l’établissement d’une séparation entre les domaines spirituel et civil. Mais pourquoi est-ce que les institutions gouvernementales, notamment les écoles, interdisent-elles que les Églises annoncent leurs programmes de catéchèse ?

Selon le philosophe et écrivain français Henri Peña-Ruiz, la laïcité conjugue la liberté de conscience, qui permet aux options spirituelles de s’affirmer sans s’imposer, l’égalité de droits de tous les humains sans distinction d’option spirituelle, et la définition d’une loi commune à tous visant le seul intérêt général, universellement partageable. (Henri Peña-Ruiz, Histoire de la laïcité, genèse d’un idéal, Gallimard, coll. « Découvertes/Histoire », 2005)

En ce sens, la laïcité soutient les droits et libertés. La Charte canadienne des droits et libertés, qui fait partie de la constitution, énonce dans son préambule que le Canada « est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit ». 

La liberté religieuse est également garantie. Le Québec a également sa Charte des droits et libertés garantissant les libertés fondamentales de religion et de conscience et l’égalité des droits pour tous. 

Alors pourquoi est-ce que notre gouvernement québécois est si frileux lorsqu’il s’agit de religion ?

Nos écoles ont le devoir d’apprendre à nos jeunes comment devenir de bons citoyens pour une société paisible. 

Cependant, les religions donnent un sens à la vie, répondent aux questions existentielles selon la liberté de conscience de chaque individu.

L’interdiction d’annoncer, d’informer des programmes de catéchèse catholique, en occurrence, est nuisible à ce besoin et au développement de la personne.

Je réclame donc le droit de liberté religieuse et de pouvoir l’afficher, de pouvoir s’affirmer sans imposer. Ce serait peut-être un remède à notre société « anxieuse ».


Madeleine Ferland

Chargée de catéchèse à Cowansville