Une portion de la rivière Yamaska, à Granby

La Yamaska, bien public ou propriété semi-privée?

Vendredi passé, 1er septembre, un article en page 7 de La Voix de l'Est sur le remblayage du lac Sheffington­ à Bromont m'a fait bondir et me turlupine depuis.
À m'y promener souvent et en explorer les rivages, je m'émerveille de ses fluctuations et m'émeus de tout ce qui agresse notre brave Yamaska­. Ce qui m'offusque le plus ce sont les propos de M. Desourdy qui se présente quasiment comme un bienfaiteur en affirmant : « On a des ponceaux, les clubs de golf ont des lacs et ruisseaux. Va-t-on demander des certificats chaque fois qu'on veut faire de l'entretien ? On est soucieux de l'environnement, ça prend un équilibre ! » Non, mais, ce Monsieur se croit-il propriétaire de la rivière Yamaska ? Si tous les riverains se mettaient à remblayer, faire des ponts ou creuser les rivières, ce serait une belle catastrophe ! De plus, en aval, Bromont tire son eau potable de la rivière, et plus elle est souillée, plus ça coûte cher pour l'assainir.
Aussi, cette brochure du ministère de l'Environnement ramassée à l'hôtel de ville et intitulée Vos lacs et cours d'eau, une richesse collective est à préserver, est claire à ce sujet : « Il est interdit, entre autres, de construire des barrages ou digues et de remblayer un cours d'eau. » Il est évident que la rivière Yamaska, comme toutes les autres, est un bien collectif et qu'il faut détenir au moins trois autorisations, y compris celle du ministère de la Faune. Ici, aucune n'a jamais été sollicitée, d'où l'amende de 600 $ infligée par la Ville de Bromont, mais contestée par l'accusé. Ce Monsieur semble au-dessus des lois, avec sa montagne d'expérience et son système de pompe puissante branchée dans le bassin de la rivière, bloquée pour les milliers de mètres cubes d'eau nécessaires aux glissades d'eau l'été et à la neige artificielle l'hiver, polluante, mais de plus en plus nécessaire­ avec ce climat si changeant...
À part lui, les seuls à se réjouir du barrage de roches sont les hérons qui pêchent plus facilement les pauvres batraciens et poissons qui circulent très mal entre ces grosses roches déplacées il y a maintenant un an avec un tracteur très puissant, sans oublier les dizaines d'arbres ratiboisés en passant... Même un petit enfant sait que l'eau qui stagne est moins pure qu'une rivière impétueuse qui suit le cours des méandres, des saisons et des précipitations, imprévisibles et changeants comme le climat si fluctuant en cette époque étrange.
Mais l'eau restera à jamais une ressource vitale que nous devons ménager et défendre comme un bien commun précieux, et non la détourner pour notre propre profit ! 
Anny Schneider
Bromont