La Voix des lecteurs

Une commissaire scolaire en mission

« La CAQ relance sa promesse d’abolir les commissions scolaires ». La Voix de l’Est du 12 avril dernier nous informait qu’une commissaire, militante caquiste, avait partagé sur Facebook le 17 janvier cet article de La Presse+ citant Jean-François Roberge, député caquiste de Chambly. Elle signifie son enthousiasme en y ajoutant quelques « yes » et un bonhomme sourire.

La CSVDC porte plainte contre la commissaire-parent pour manquement à l’éthique et à la déontologie. Pour se défendre de cette attaque « injuste et démesurée » où on « tente de la punir d’avoir partagé quelque chose qui fait du sens pour elle » et de « la bâillonner » en plus de « toucher à ses allégeances politiques », la commissaire réclame son « droit à la liberté d’expression » et se demande « où va la démocratie au Québec ». Elle précise que « son cheval de bataille est la jeunesse, l’éducation et les parents ». Le député Roberge la soutient. Il voit là « l’omerta » des commissions scolaires.

Par souci de transparence, je dis ici que je fais partie de ceux qui croient qu’il faut réévaluer le rôle des commissions scolaires, en se rappelant que les taches faites par les CS ne disparaîtront pas même si on les abolissait. Je propose de chercher, en six questions, où se cache le problème rencontré par la commissaire.

Q1. Est-ce sur ses principes ? La commissaire est favorable à l’abolition ou à la modification importante des CS et elle choisit de joindre un de ses organes : le conseil des commissaires. Le fondement moral de son action est un principe : « la jeunesse, l’éducation et les parents. » Noble… mais un peu général. Si elle demandait aux commissaires un vote sur ce principe, elle obtiendrait facilement l’unanimité. Le désaccord ne porte pas sur ses déclarations de principes ni sur sa cause. Le diable est rarement en désaccord sur les principes, il préfère les détails, c’est connu. C’est pourquoi on dit que les grandes déclarations, celles que personne ne peut contredire, sont souvent populistes.

Q2. Est-ce sur ses droits ? Son argument fondamental est le droit à la libre expression. Un droit individuel véritable et essentiel en démocratie. Jusqu’à présent, une cause juste et un droit légitime.

Q3. Où donc se cache le conflit ? Je propose qu’il se cache à l’intérieur de la commissaire : un conflit intra personnel. Un conflit délicat entre elle et elle, deux choix qu’elle fait en même temps. Je m’explique.

Q4. Serait-il légitime de manifester pour l’environnement d’un côté et de l’autre investir son REER dans une pétrolière ? En devenant commissaire, on s’engage librement à servir la mission de la CS. Engager ses talents au service des objectifs CS. Je n’ose pas penser qu’elle aurait joint la CS dans le but de mieux la détruire de l’intérieur. On peut aussi partager les objectifs et être en désaccord sur des orientations, priorités ou moyens. Légitime… et nécessaire dans une organisation. On devient alors agent de changement. On propose une vision, on met en évidence des avantages, etc. Par la pertinence de nos propos et la qualité des relations qu’on entretient malgré les divergences, on exerce une influence auprès de ses collègues et des parties prenantes. Les gens ont alors le goût de suivre. C’est à cela, et à cela seulement, qu’on reconnaît le leadership.

Ou alors, l’organisation choisit de ne pas changer, l’inertie ayant pris le dessus sur le dynamisme. On prêche dans le désert, on se retrouve rejet. Et pour être fidèle à ses convictions, il faut quitter. Ou on nous exclut.

Q5. Où va l’engagement de la commissaire ? Ce qui semble être en cause ici, ce ne sont ni le bien-être des enfants et des parents, ni la liberté d’expression, mais bien son allégeance. L’appartenance à une organisation dont on conteste la pertinence pousse d’abord à prendre des actions fidèles à ses convictions… mais contraires à celles de l’organisation. Le problème n’est ni ses convictions, ni sa liberté de s’exprimer ou le choix libre de ses comportements. C’est la relation entre les deux. La commissaire porte en elle un dilemme éthique. Coincée entre deux allégeances. Si elle favorise ses convictions légitimes, elle agit « contre » la CS. Si elle est fidèle au mandat reçu dans l’organisation dont elle fait partie, elle agit contre ses convictions. Seuls choix possibles : être infidèle à ses convictions ou être infidèle à son mandat. Méchant malaise ! Comme un sage avait écrit au bas de son miroir : « quand ça commence à aller mal, regarde ici ».

Q6. Que fera-t-elle ? Elle a le droit d’être commissaire, et elle a le droit de travailler à l’abolition des commissions scolaires. Mais pas les deux en même temps.

Pierre Paul Gingras

Granby

L’égalité en toutes choses

D’où nous viennent ces deux croyances populaires que d’abord si quelqu’un est né au Québec, il ne peut faire quelque chose de répréhensible au niveau de la loi et deuxièmement qu’une femme d’ici ne peut faire du mal ni blesser personne ?

Prenons par exemple le cas de Mélina Roberge de Granby qui a été récemment condamnée à huit ans de prison en Australie pour trafic de drogue. Cette jeune fille semblait ignorer que de mener la grande vie sur un bateau de croisière privé, ça coûte cher et ça se paie. Ne pas savoir qu’il y avait à bord pour seize millions de cocaïne, je demeure sceptique. Ça me rappelle les deux sœurs Lévesque de Jonquière avec leurs fameuses valises rouges qui criaient leur innocence en disant qu’elles avaient été utilisées, celles-ci étant acquittées faute de preuves. Est-ce que l’on nous prend réellement pour des valises ? Les prisons d’Australie sont sûrement aussi spacieuses que celles du Québec et ainsi nous n’aurions pas à payer pour les erreurs de Mme Roberge.

On ne pourra jamais oublier le cardiologue qui a tué ses deux enfants, il était condamné au départ et on disait de lui qu’il était un monstre et c’est vrai. Sans aucune référence au cas récent, je me demande pourquoi quand c’est une femme qui fait ce geste inqualifiable, c’est pas pareil. Il y a sûrement une explication, elle a probablement besoin d’aide et on n’en finit plus de tergiverser sur les raisons qui ont pu l’amener là. Peu importe qui fait ce geste, je ne peux concevoir que quelqu’un puisse tuer un enfant. Surtout que personnellement, j’ai quatre petites-filles dont l’une a dix-huit mois.

À beaucoup d’occasions, on invoque l’égalité entre les hommes et les femmes et cela je le partage, mais que ce soit à tous les niveaux. On nous disait, il n’y a pas si longtemps, que les femmes dans les pays musulmans avaient l’obligation de porter le voile, ceci leur étant imposé par les hommes ou leur religion. Beaucoup de celles-ci sont ici maintenant, libres et pourtant certaines revendiquent le droit et parfois le privilège de porter ces voiles. Je me souviens encore que dans les années soixante, la religion catholique imposait aux femmes de porter un chapeau pour entrer dans ses églises ou encore leur interdisait le contrôle des naissances parfois même au risque de leur vie, ma mère l’a vécu.

Je vous laisse le soin de tirer vos propres conclusions sur ce qui se passe fréquemment dans notre société dite moderne.


Yvon Lavoie

Granby