La Voix des lecteurs

Quelle identité nationale ?

En ce siècle de mondialisation irréversible où les transports et les communications concrétisent réellement l’expression « la planète est un village », la question de l’identité nationale devient de plus en plus pertinente. Est-il possible d’identifier les caractéristiques de l’identité québécoise ? Pour faire cet exercice, il faut observer les autres nations et retrouver les éléments qui nous sont communs et les éléments qui nous caractérisent vraiment.

Si, par exemple, on compare l’identité de la nation allemande et celle de la nation québécoise, nous pouvons affirmer que ces deux nations résident sur des territoires différents, ont des histoires et des cultures différentes, parlent des langues différentes, mais nous ne pouvons affirmer que ces deux peuples se distinguent par la couleur de peau de leurs résidents ou par la religion que ceux-ci ont déjà pratiquée.

Tous les peuples tendent de plus en plus vers des idéaux de liberté, de fraternité et d’égalité tels qu’affirmés lors de la Révolution française. Ceux-ci deviennent non pas des caractéristiques propres à un peuple en particulier, mais elles sont désirées par la majorité des peuples de la planète. Aucun peuple ne peut s’arroger la propriété exclusive des grandes valeurs sociales démocratiques ; des valeurs d’ouverture aux autres ; d’égalité entre tous indépendamment du genre, de la race et de la religion ; de la liberté d’exprimer ses convictions religieuses ; de la justice sociale et de la solidarité nationale ; d’une gouvernance de plus en plus séparée des pouvoirs religieux.

Le peuple québécois fait partie de ces nations qui partagent ces grandes valeurs et travaillent jour après jour à les affiner. Beaucoup de ce qui était acceptable hier ne l’est plus aujourd’hui. Et il est de plus en plus difficile de faire référence à des valeurs ancestrales que notre mémoire collective a grandement embellies et immensément amplifiées. La vie regarde en avant ; elle fait le tri dans l’héritage reçu et accepte courageusement de délaisser des façons de penser et d’agir du passé pour ouvrir de nouvelles portes. Un des principes de la survie, c’est l’obligation de s’adapter aux nouvelles réalités le plus rapidement possible.

Le peuple québécois doit s’attacher à des réalités qui le caractérisent réellement tels le territoire qu’il habite, l’histoire du Québec et la culture québécoise qui font partie de ses gènes, la langue française qui donne vie, cohésion et solidarité. Ces éléments sont inaliénables. Et pourtant, tant et aussi longtemps que nous serons considérés comme un peuple de seconde zone incapable de nous prendre totalement en charge et de nous asseoir à la table des nations, nous ne serons pas grand-chose ; on continuera à nous voir comme une minorité sans importance que l’on peut facilement tenir à l’écart des grands débats et ainsi, nous ne serons jamais vraiment « maîtres chez nous ».

André Beauregard,

Shefford

À l’attention de Martine Ouellet

Pardonnez-moi, Mme Ouellet de devoir passer par les médias pour vous livrer mes réflexions sur ce que vous vivez actuellement au Bloc. Dans une de vos interventions, vous demandiez carrément aux anciens de vous laisser toute la place, prétextant que votre génération peut faire autrement les choses. Je trouve ça insultant que vous demandiez aux fondateurs de ce parti de se taire ! Ça me rappelle que l’un de vos confrères à Québec m’a suggéré de ne plus intervenir publiquement quand M. Lisée a remercié cavalièrement mon ami Stéphane Bédard de ses services. Cet intervenant me demandait poliment de me taire au nom de la cause quand je savais que c’était pour sa cause.

Vous allez faire revivre au Bloc ce que l’on a appelé le « Renérendum » au Parti québécois. Comme président de comté à cette époque, j’ai appuyé M. Lévesque par respect et admiration. La conséquence a été que la majorité des membres de mon exécutif ont démissionné pour me renverser. Le national a dû me nommer comme tuteur de mon comté afin de rétablir un semblant de normalité. J’ai compris beaucoup plus tard que l’on ne bâtit pas un parti en le divisant et en le fragilisant. Je ne croyais pas ressasser ce malheureux épisode du PQ, mais je vous suggère de vous en inspirer afin de réanalyser vos prises de décisions. Quand on demande aux gens de nous respecter, il faut d’abord respecter ces gens.

J’aurais préféré vous dire tout ceci en personne, mais vous ne semblez pas intéressée à nous entendre, nous, les anciens. Finalement, dites-vous bien que personne ne me fera taire.

Yvon Lavoie

Granby, autrefois de Chicoutimi

Les dangers de la légalisation du cannabis

Tout a été dit sur les côtés négatifs de la légalisation du cannabis au Canada. Devrions-nous avoir peur ? Je crois fondamentalement que oui. Les effets dévastateurs de la marijuana sur le corps humain, l’avenir de nos jeunes et de notre pays... Je crois que certains points doivent être rectifiés, et ce, avant qu’il ne soit trop tard.

De nos jours, rares sont les jeunes qui ne vivent pas une expérience avec la drogue. Dès le primaire, on leur explique les effets néfastes que la marijuana peut avoir sur leur corps ainsi que leur cerveau. On utilise alors l’analogie de la roulette russe, celle-ci représentant les probabilités de développer des maladies mentales dans le futur, suite à la consommation de drogues. Il est d’une importance capitale de ne pas négliger les répercussions qui peuvent advenir à ces jeunes. Pensons à la forte teneur en THC (plus de 15 %), qui, mêlé à l’alcool, sera dévastateur. Il ne faut pas oublier que plusieurs sont déjà sous médication à cause de l’anxiété chronique qui les rend encore plus vulnérables. S’ils décident de mêler médication et marijuana, ce sera affreux. Pour n’importe qui qui désire fumer ladite plante, rien n’est impossible. La vente de pot par des jeunes de 18 ans à des mineurs ne sera qu’une gracieuseté du gouvernement, qui sera l’ultime intermédiaire.

N’oublions pas les touristes. Est-ce que ce ne sera pas le chaos quand ils viendront de partout — surtout des États-Unis — pour se geler et perdre la carte dans les hôtels ? Sans oublier les condos et les blocs appartements, les parcs, les trottoirs, les stades de sport... Est-ce un environnement profitable et sécuritaire pour nos jeunes ? Je ne crois pas.

Un point majeur m’enrage dans toute cette saga politique : 60 % des Canadiens n’ont pas voté pour les libéraux — je vous laisse deviner que j’en fais partie, tout comme plus de 10 millions de Canadiens sur les 17 millions qui se sont rendus aux urnes. Ces libéraux renient trois dispositions des Nations Unies en légalisant le cannabis. Ils renient par le fait même trois fois leur signature en lien avec l’interdiction des stupéfiants et des psychotropes, ces ententes ayant été signées en 1961, en 1971 et finalement en 1988. Notre pays est montré du doigt par plusieurs pays signataires de l’entente.

Qui va arrêter ce fléau qui se rapproche dangereusement avant qu’il soit trop tard ? Le sénat, ou bien nos politiciens fédéraux des autres partis pour qui le plus grand nombre ont voté ? Les partis provinciaux ne s’affirment que légèrement pour être certains de s’attirer le plus grand nombre de votes possible à l’approche de la prochaine élection, de peur de perdre le vote des consommateurs de cannabis. Je ne comprends pas pourquoi personne ne riposte haut et fort contre ces libéraux fédéraux. Pour la première fois de ma vie, j’ai honte d’être Canadien. Mon seul espoir est concentré dans les citoyens, qui, tout comme moi, crient haut et fort leur indignation.

Michel Grivegnée et Justine Grivegnée, 17 ans

Granby