Le conseil municipal de Granby

La Voix des lecteurs

REFUS D’ENTENDRE

« Et si on continuait ensemble ? », nous demandait Pascal Bonin. Nous serons un (e) représentant (e) responsable, intègre et à l’écoute de nos concitoyens. Voilà les engagements des candidats, lors de la campagne électorale tenue l’automne dernier. Il y a de cela à peine quatre mois. 

La première responsabilité d’un élu municipal n’est-elle pas de placer ses concitoyens au centre de ses préoccupations ? Cela correspondrait aux promesses faites en cours de campagne. 

Lundi soir, le maire et huit conseillers ont lamentablement échoué à leurs promesses et leurs obligations. Faut le faire ! 

Dès le début de la période de questions, on a ressenti de la réticence et du mépris de la part du maire, qui ne répondait pas aux questions, détournait et étirait des explications sur des tableaux dont chaque citoyen avait compris le sens bien avant l’assemblée. Tout, en fait, pour réduire le nombre d’intervenants à questionner le conseil. Continuons ensemble, vraiment ?

Les citoyens présents, et tous les citoyens de Granby, dès le début de l’assemblée, tout de suite après la première période de questions, se sont fait gaver par leurs élus avec l’adoption du règlement municipal permettant de faire bondir leurs salaires de 15 et 17,5 %. Ce n’est pas à main levée que l’on a voté pour le règlement proposé. Mais bel et bien à bras levé. Bravo pour l’arrogance ! Continuons ensemble ?

Pourtant, au milieu de vous, il y avait un homme honorable, exceptionnel, sympathique, compréhensif, humain et à l’écoute. M. Jean-Luc Nappert répondait exactement ce à quoi les citoyens sont en mesure de s’attendre et qui vous servait si bien d’exemple. 

Après votre allocution, M. Nappert, l’ovation debout des citoyens présents vous était pleinement méritée. Vous étiez le leader à suivre. Malheureusement, de l’autre côté, avec en tête le maire Bonin, on a ressenti du mépris et de l’arrogance à un niveau tel qu’on en avait des nausées.

Nous avons subi le même traitement que notre maire a servi à ses collègues régionaux en matière de loisirs. Pourtant, les intervenants au micro, et tous vos payeurs de taxes, vous demandaient tout simplement un minimum de retenue. Pour vous, c’était non négociable. Vous nous avez ignorés. Le bris du lien de confiance entre les citoyens et le conseil était plus que palpable. Vous avez obtenu ce qui pour vous était le plus important : remplir vos poches ! 

Pourtant dans le journal de ce matin, deux jours plus tard, le maire demande une subvention pour partager les frais du service de police local et donne comme raison : respecter la capacité de payer des citoyens de Granby. 

Je rêve déjà d’un nouveau conseil municipal dirigé par M.  Jean-Luc Nappert dès novembre 2021. En attendant : continuons ensemble ? 

Noël J. Martel

Granby

DÉCEVANT

Après une récente campagne électorale où les candidats et candidates aux postes de conseillers et conseillères nous ont fait de belles promesses, nous ont tenus de jolis discours, jurant la franchise en nous serrant la main, voilà que l’hypocrisie voit rapidement le jour.

Je sais que la majorité de ces personnes occupaient, avant d’être élu(e)s, de bons emplois bien rémunérés et là, ils s’offrent un bon « sideline » très alléchant. Pour qui vous prenez-vous pour exploiter notre système social quand vous savez que beaucoup de gens à qui vous avez serré la main ne gagnent même pas vos 40 000 $, et ceci après avoir travaillé leur quarante heures par semaine ? Vous ne faites pas honneur à notre système démocratique et faites perdre confiance en ce même système. Vous devriez démissionner ou demander de reconsidérer le vote sur ce sujet.

Et quant à M. Bonin, vous me décevez beaucoup, car j’avais confiance en vous et vous avais même appuyé publiquement au moment où vous vous êtes présenté contre M. Goulet. Surtout que je ne me mêle jamais de la politique municipale dans ma ville d’adoption. Vous êtes malheureusement tombé de grand démocrate que vous prétendiez être à un petit capitaliste qui préparait tranquillement sa retraite à même la population de Granby.

Yvon Lavoie

Granby

LES VALEURS QUÉBÉCOISES

Régulièrement, on entend dire que les immigrants devraient accepter les valeurs québécoises, comme si elles étaient particulières. Mais au fait, quelles sont ces valeurs qui nous distingueraient des Canadiens ou des Américains en général ? Peut-être celles-ci qu’on évoque souvent : la langue française et la laïcité. 

Mais examinons cela de plus près. D’abord, la langue française n’est pas à proprement parler une valeur. Elle est un outil de communication auquel nous prêtons une valeur historique, sociologique et politique. De ces points de vue, elle est un outil premier pour construire ensemble la Cité et donc une commune citoyenneté québécoise.

Quant à la laïcité, elle est véritablement une valeur, car elle est une référence socialement valable de nature à fonder un jugement moral dans la recherche d’un plus grand bien, en fait, de toutes bonnes actions de nature à assurer la qualité de notre vivre ensemble.

Mais pour l’instant, elle n’est pas une valeur actualisée juridiquement, elle n’est que souhaitée par une courte majorité de Québécois. En effet, il n’existe aucun consensus en terme de moyens pour maintenir un espace neutre entre l’expression religieuse et l’expression non religieuse dans les institutions publiques. En conséquence, l’expression religieuse, surtout ostentatoire, demeure perçue, à ce jour, trop souvent comme une agression religieuse.

Tout le débat qui a eu lieu depuis 2013 avec la Charte des valeurs qui visait à interdire les signes religieux dans les institutions publiques fut, malheureusement, une façon de répondre à cette agression, mais par une autre agression, en particulier à l’endroit des femmes musulmanes voilées. 

Ne faudrait-il envisager la laïcité autrement, cesser de vouloir interdire à ces femmes et plutôt envisager un code d’éthique de laïcité québécoise qui, en particulier, inviterait non seulement les dames voilées, mais aussi les hommes à kippa ou à turban et tous les Québécois à s’abstenir de porter un signe religieux, disons le premier lundi qui suivrait la Saint-Valentin, et ce, pour célébrer notre liberté de conscience, laquelle doit précéder tout choix religieux.

 Et cette liberté de conscience ainsi célébrée ne pourrait-elle pas devenir cet espace neutre nécessaire entre expression religieuse et expression non religieuse ? Et à partir de cette source d’apaisement des tensions, ensemble, de toutes croyances et de toutes incroyances, ne devrions-nous pas célébrer les seules valeurs vraiment québécoises, à la fois ancestrales et source de dialogue, qui pourraient nous réunir si on décidait de les proclamer de multiples façons et avec une commune fierté : liberté, fidélité, partage ?

Denis Forcier

Shefford