Face à ce débat concernant SLAV, je ressens un certain malaise : d’une part, annuler des représentations (pour des motifs d’image ?) ne résout aucunement cette problématique de discrimination systémique.

La Voix des lecteurs

Un problème systémique

Dans le récent courrier des lectrices et lecteurs, des propos ont été tenus concernant la controverse autour du spectacle SLAV de Robert Lepage et de Betty Bonifassi sur les chants d’esclaves d’origine afro-américaine. Des groupes ont manifesté pour dénoncer une forme d’appropriation culturelle. Ce concept réfère avant tout au colonialisme et aux rapports de domination qui ont caractérisé les cinq siècles antérieurs entre les pays occidentaux et le reste de la planète. Les pays occidentaux se sont approprié tout autant les corps que les diverses cultures sans reconnaître leur apport.

La prise de conscience des relations inégalitaires entre les peuples prend sa source dans les lectures féministes des 40 dernières années où des voix autres que des femmes caucasiennes ont mis en relief une réalité discriminatoire conduisant à l’intersectionnalité. Dans plusieurs universités, des études sur les rapports coloniaux, s’appuyant sur ces travaux et dans une perspective postcoloniale, ont ainsi vu le jour. Cela a amené à rendre visibles des discriminations systémiques qui perdurent. Le Québec n’échappe aucunement à cette problématique. Par exemple, le taux de chômage des personnes issues des « minorités visibles », pour des compétences similaires aux francophones, s’avère nettement plus élevé. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres.

Face à ce débat concernant SLAV, je ressens un certain malaise : d’une part, annuler des représentations (pour des motifs d’image ?) ne résout aucunement cette problématique de discrimination systémique. D’autre part, la question qui m’apparaît essentielle est celle-ci : comment conjuguer la liberté artistique tout en tenant compte des rapports inégalitaires et discriminatoires persistant dans notre société ?

La controverse suscitée par SLAV illustre le changement de paradigme : la perception d’une nation exclusivement caucasienne à celle d’une nation plurielle intégrant, sous un mode interculturel, la pluralité déjà présente des relations plus égalitaires, équitables et solidaires. Il est à espérer que le dialogue sur ces enjeux puisse orienter et déconstruire les multiples dominations séculaires.

Patrice Perreault

Granby

Votre vert est-il jaune ?

Votre gazon a-t-il souffert de la canicule ? Dans ma rue tous les parterres ont viré au jaune, sauf le nôtre.

Le gazon, un héritage britannique, est le symbole par excellence du contrôle de son environnement immédiat en pseudo-harmonie avec la nature. Une pelouse, c’est mieux que l’asphalte ou le pavé uni, mais ça demeure néanmoins une pression sur l’environnement. 

Le gazon c’est des pousses de graminées dont on s’évertue à empêcher la maturité. En période de croissance, il faut y consacrer, aux deux semaines, une partie d’une journée de beau temps ; peut-être une toute entière si vous avez grand de terrain. Des semences de gazon à plus faible entretien ont été introduites qui, selon les fabricants, ne demandent qu’une tonte par mois. Cependant la plupart des citadins optent pour la tourbe en rouleau de type Kentucky Bluegrass (Poa Pratensis) qui requiert son lot de soin. Juste pour rire, estimez le temps que vous passez dans la belle saison à bichonner votre gazon. 

Pour la tonte, rares sont ceux qui choisissent une tondeuse manuelle (à lames hélicoïdales). La cacophonie des tondeuses à moteur impose le sacrifice pour le voisinage de la quiétude d’une belle journée d’été. Le bruit est aussi une forme de pollution.

Selon Environnement Canada, chaque week-end pendant l’été, près de 3 millions de personnes tondent leur pelouse avec plus de 150 millions de litres d’essence annuellement. Hormis les émissions nocives du moteur, l’impact environnemental de posséder un gazon vert uniforme s’étend aux apports de désherbants, lombricides, insecticides, ou fongicides, ainsi que d’engrais divers (phosphates, nitrates, etc.) qui peuvent contaminer les eaux de drainage. Pour garder le gazon d’un vert presque phosphorescent, certains propriétaires vont même jusqu’à détourner une précieuse ressource, l’eau potable, qui elle-même nécessite des produits chimiques pour son traitement. 

Mais que faire pour garder le terrain domestiqué et éviter d’habiter au milieu d’un champ en friche (ce que d’ailleurs plusieurs municipalités interdisent) ? 

Depuis 2008, j’ai opté pour une politique zéro gazon autour de la maison. Une économie appréciable de temps et surtout de lutte contre les herbes indésirables. Le sol doit pourtant être recouvert, car une des lois fondamentales de la nature est de ne jamais laisser le sol à nu. 

Pour ma part, j’ai choisi de reproduire le sol de la forêt recouvert de débris végétaux. Je me suis donc procuré des écorces d’arbre du moulin à scie d’une localité voisine. Si vous avez un émondeur parmi vos connaissances, ça pourrait servir : les fragments de branche passés au déchiqueteur constituent un excellent couvre-sol. Il faut par contre éviter les copeaux d’arbres malades porteurs de parasites, comme l’agrile du frêne ; on ne voudrait pas contribuer à leur propagation. 

Si vous avez du gazon et souhaitez adopter ce concept, il faut d’abord couvrir d’une toile opaque et étanche pendant toute la saison de croissance (du printemps à la fin août) pour éliminer toute percée d’herbe, bonne ou mauvaise. Une étape que vous sautez pour une construction neuve au parterre de glaise pas encore aménagé.

Après avoir éliminé toute trace de végétaux en latence, environ 5 cm de copeaux suffisent à protéger de l’émergence d’herbes indésirables. L’ajout d’arbres et arbustes complète la transformation. 

Le remplacement du gazon pour une alternative végétale plus écologique, qui reprend les principes de la nature, donne un répit supplémentaire à notre planète… ainsi qu’aux propriétaires de la maison.


François Simard, Alternatives-vegetales.com

Bromont

Un trophée Maurice-Jodoin

Le destin vient d’enlever la vie à notre champion de tennis Maurice Jodoin.

Maurice, faut-il le rappeler, a été régulièrement champion de tennis à Granby, en simple, durant les années 1950 et au début des années 1960. Et ce titre, il devait le gagner en affrontant des joueurs de haut calibre tels que Marcel Rodrigue, champion junior canadien en double masculin avec Guy Durocher, Marc Goyette, Marc St-Jacques et bien d’autres. 

Il a su dignement représenter Granby dans la ligue Inter-zone. En mémoire de ses exploits hors du commun, Maurice mériterait que le trophée attribué, chaque année, au champion en simple masculin porte le nom Maurice-Jodoin, n’est-ce pas ? C’est du moins notre respectueuse suggestion.


Jacques Marquis

Fernand Sylvain

Respectivement président et vice-président du tennis à Granby de 1959 à 1961