La Voix des lecteurs

Le XXIe siècle : le règne des préjugés

Une société qui veut se construire une solide constitution doit bâtir sur le roc de la vérité. Les mensonges et les demi-vérités à titre de fondations constituent la garantie absolue de sa décadence prochaine. Bâtir sur le sable, ça ne tient pas longtemps. L’idéal d’une société moderne devrait prioritairement permettre à tous ses citoyens de jouir du bien le plus précieux qui soit, c’est-à-dire la liberté. ; or, cette liberté dépend totalement de la vérité. C’est la vérité qui rend libre. Nos expériences personnelles nous le démontrent : nous nous sentons mal dans le mensonge. Mais en même temps, nous avons terriblement peur de la vérité : on congédie les sonneurs d’alertes ; on signe une pétition pour faire taire les scientifiques ; on publie des conclusions erronées au sujet des vaccins ; on s’accroche éperdument à des théories radicalement ridicules ; on réduit les budgets des chercheurs ; on bâillonne les vulgarisateurs scientifiques, on applaudit les accrocs du scepticisme ; on écoute la majorité silencieuse.

Tout ce charabia nous fait vivre dans un océan de préjugés qui ont tous la même source : notre ignorance, notre paresse à vouloir nous informer correctement. Et le plus grand préjugé qui habite en particulier la civilisation occidentale blanche chrétienne concerne chacun de nous : nous ne nous connaissons pas vraiment. Nos origines gréco-romaines devraient pourtant nous rappeler cette inscription gravée sur le fronton du Temple de Delphes en Grèce : « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les Dieux ». Cette maxime attribuée à Socrate devrait nous conduire sur les chemins de la reconnaissance de nos limites et par le fait même, sur les voies de l’humilité. Il permettrait peut-être de réduire notre pétage de bretelles avec nos belles et grandes valeurs québécoises.

Cette meilleure connaissance de soi devrait ébranler notre suprémacisme chrétien blanc qui nous habite tous un peu et qui est la source de toutes les grandes déviances qui ont sévi au cours du XXe siècle. Les grands débats de société mettent en évidence cet abîme presque sans fond de notre ignorance et surtout de notre refus obstiné à reconnaître la réalité. Nous refusons de reconnaître la présence de la diversité ethnique, culturelle et religieuse sur le territoire du Québec et pourtant, le Québec vit réellement dans un monde cosmopolite et pluraliste. Devant cet aveuglément, ne devrions-nous pas nous questionner ? a) Sommes-nous vraiment un pays de liberté, d’égalité et d’harmonie ? b) Quelle définition donnons-nous aux mots liberté, égalité et harmonie ? N’avons-nous pas tendance à imposer un double standard : l’un pour nous et un autre pour les personnes différentes de nous ? Que penser de ces tristes idées comme imposer un test des valeurs aux nouveaux arrivants ou réduire le nombre de migrants ou créer un apartheid pour les personnes qui portent un signe religieux ostentatoire ou faire disparaître toute étude portant sur les croyances et les non-croyances ? Quel est le message envoyé par le gouvernement à nos enfants ? Est-ce que cacher la réalité à nos enfants constitue une bonne manière de les éduquer à la diversité bien présente dans leur vie ? Le mensonge et l’ignorance seraient-ils les nouveaux vecteurs de l’éducation à la liberté ?

André Beauregard

Shefford

Le manque de bénévoles : un iceberg en vue pour le milieu communautaire…

On le perçoit déjà sur les radars. De très nombreuses associations se plaignent du problème du renouvellement de leur clientèle et également du manque criant de bénévoles pour occuper des postes, particulièrement aux conseils d’administration.

La principale difficulté ne concerne pas des moyens financiers, quoiqu’ils soient toujours très limités, mais du peu d’intérêt. Les gens revendiquent des droits, à juste raison, mais ils ne réalisent souvent pas la responsabilisation qui va avec. Dans notre cas, la défense collective de nos membres aînés face à l’âgisme, à la maltraitance, à l’exclusion est la base de notre mission. Vous dites peut-être que cela ne vous concernera jamais, vous ou quelqu’un de votre entourage, mais en êtes-vous certain ? 

Vous savez, cette mission-là, nous l’effectuons de manière agréable sans affecter notre condition physique, notre vie de famille ou nos loisirs. N’ayez crainte, nous n’avons pas fait le vœu d’ennui, donc nous préparons différentes activités qui s’avèrent intéressantes tout en étant éducatives. Si en plus de votre dynamisme, vous nous apportiez toute votre expérience acquise durant vos années de travail dans différents domaines, imaginez ce qu’on pourrait accomplir, comment le travail réparti entre plusieurs personnes rendrait la tâche plus facile.

Les organismes communautaires représentent le cœur de nos sociétés. Ils œuvrent sur le terrain, ils côtoient chaque jour les problèmes rencontrés dans le milieu et ils deviennent alors la voix de plusieurs personnes qui n’en ont vraiment plus. Compte tenu de la proximité, ils peuvent faire part de leurs demandes justifiées à leurs députés ou à leur conseil de ville local et ils reçoivent généralement une oreille attentive et une collaboration sincères. Imaginons maintenant que tout ce travail soit rapatrié dans le futur dans un bureau central à Sherbrooke, Montréal ou autre et il est facile de comprendre que l’accueil et le suivi ne seront plus du tout les mêmes.

En ce début d’année, vous vous êtes promis que vous prendriez soin de vous et que vous ajouteriez un plus à votre vie ? Continuez à bien vous nourrir, à faire de l’exercice et offrez-vous un défi différent… celui de devenir membre d’un organisme communautaire, de participer à leurs activités et peut-être même à leur conseil d’administration. Vous ne risquez pas grand-chose si ce n’est d’apprendre à mieux connaître le milieu, à découvrir de nouveaux talents, et peut-être, à y prendre goût. De plus, votre démarche permettra à une organisation, la nôtre ou une autre du milieu de poursuivre sa mission dans notre région. 

L’AQDR Granby est un organisme de défense des droits collectifs des personnes retraitées et préretraitées. Elle compte 815 membres. Elle est soutenue par plusieurs organismes au service des personnes aînées dont l’AGÉAUTAG, l’AREQ, la FADOQ et le Club d’âge d’or Princesse. Ensemble, ces organismes comptent près de 6000 membres.


Nicole Gagné, secrétaire de l’AQDR Granby