Manifestation organisée par Black Lives Matter qui a contesté le spectacle de chants d'esclaves SLAV, en juin dernier.

La Voix des lecteurs

SLAV: «esclavager» les Québécois

Concernant l’affaire SLAV, on a à peu près tout entendu ou lu. Assez du moins, pour conclure que le Québec n’avait pas besoin de cette controverse qui a fini par la censure de cette présentation théâtrale. Précisément, parce que priver les Québécois d’assister à ce spectacle, c’est les priver de leur liberté, c’est les « esclavager ». Devant cela, devrions-nous créer nos propres chants d’esclaves, en est-on rendu là au Québec ? Peut-être !

Surtout, si on considère qu’essentiellement ces chants étaient des chants de dignité, d’espoir et de liberté. Ils étaient les cris du cœur d’esclaves noirs américains. Ils s’adressaient à ce qu’il y a de meilleur dans l’être humain. Ils étaient des appels au secours.

Dans ce sens, d’avoir mis fin à SLAV est un déshonneur pour l’humanité. D’avoir revendiqué devant le TNM, bruyamment et de façon intimidante, son interruption est un déshonneur aussi pour tout le Québec. Parce qu’on a utilisé la peur pour amener les responsables du Festival de Jazz à fermer les portes et ainsi enfermer artistiquement le créateur Robert Lepage, un de nos grands.

En conclusion, je dirais que même cette expression « d’appropriation culturelle » est agressante. Elle est ressentie comme « vous nous avez volés sinon violés ». Mais surtout, elle invite à justifier son contraire « l’enfermement culturel ». Chacun dans sa culture, chacun et chacune dans son coin avec son monde, dans un communautarisme bête et insignifiant. Et c’est la pire chose dont le Québec a besoin.

« Donnez-moi de l’oxygène ... », disait Diane Dufresne. Oui, cette affaire SLAV nous empêche maintenant de bien respirer au Québec. C’est trop !

Denis Forcier

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