La Voix des lecteurs

Le système corporatiste-médicalo-financier

Indigné. Je suis indigné. Profondément. J’ai pris des Tylénols. Ça ne s’en va pas.

Pourtant je suis un citoyen bien intégré. Je comprends que les puissants contrôlent la société et les lois ; que les forces progressistes ne peuvent que retarder ou ralentir temporairement les lobbys. Je comprends que le riche (sauf une minorité éclairée) a un besoin essentiel de systèmes légalisés (incluant les paradis fiscaux) pour devenir plus riches. Évidemment. Sans ça, un riche serait riche quand même, mais moins. Sans ça, il leur faudrait prendre en compte l’intérêt commun. Une majorité n’y voit pas d’intérêt. La recette est connue : un système rendu légal, enfoui sous une foule de règles le rendant nébuleux, coiffé de slogans sucrés à l’aspartame. Un exemple : « C’est ça être médecin spécialiste » ou « On prend soin de vous ». On le savait.

Je parle ici bien sûr du système qui dorlote les médecins, pas des médecins qui soignent, et dont le professionnalisme et le dévouement sont unanimement louangés par leurs patients.

Revenons au système. Voici son protocole opératoire :

L’anesthésie. Infiltrer le gouvernement : un ministre ex-président de la même corporation, un premier ministre et un secrétaire du gouvernement membres en règle. Conflit d’intérêts. Imaginons un ex-président de la FTQ construction ministre du Travail, négociant l’entente sur les infrastructures. Quel tollé ce serait !

La dollarectomie. Garantir le monopole des actes de santé aux membres en règle. Transformer en entrepreneurs ces salariés qui ne prennent aucun risque et qui ont un seul client captif pour la vie : la RAMQ. Leur corporation-traitante les y connecte. Ils reçoivent les honoraires sous forme de transfusion. La corporation, à la fois poteau à soluté et dispositif de contrôle, maintient les pleins pouvoirs sur la distribution du précieux (argent) liquide.

Refermer la plaie. Protéger ce système tout simple des questions embêtantes. Le rendre nébuleux. D’abord créer 10 000 codes de facturation (dont peut-être un qui sert à se payer pendant qu’on trouve le bon code pour facturer l’acte). Ensuite, faire en sorte que ni le patient ni la Régie ne puissent vérifier ce qui passe sur la carte de crédit RAMQ. Finalement, empêcher l’existence ou la communication de toute information validée sur le système qui permettrait de l’évaluer.

Le diagnostic : obésité financière morbide. Un fardeau qui dérange les fonctions fondamentales comme la respiration des infirmières et la bonne marche des soins : plus de médecins, plus d’argent, plus de problèmes, moins de services. Aucun médecin, infirmière, patient, ou ministre ne peut gagner contre un mauvais système.

Symptômes : boulimie financière corporatiste, hypertrophie de la cagnotte, surdité au bien commun, perte du sens éthique, problème de digestion de l’entente chez les membres inférieurs à l’exécutif corporatiste, avec irritabilité croissante dans l’environnement chez les dindons-payeurs-patients et les infirmières-raréfiées-zélées.

Tunnel sans lumière. Le système étant trop malade pour consulter lui-même, il a été évalué, bien malgré lui, par des experts-amis du bien commun. Amis que le système traite évidemment comme des ennemis. Ils lui ont remis leur prescription.

Prescription : 1. Vouloir changer. Mais, le système a présenté son billet de médecin : allergique au changement. On savait.

2. Nettoyer le marécage de la rémunération. Mais le marécage est géré par les crocodiles. Dangereux pour un politicien.

3. Se donner des informations claires et des évaluations indépendantes. Mais, le nébuleux et l’omerta sont l’environnement vital du système. Dans la lumière, Il perdrait ses moyens.

Je suis indigné. Mais je suis un citoyen bien intégré. Je comprends que c’est le système qui doit passer à « Go » et ramasser 6,6 milliards $.

En terminant, en bon citoyen, je tiens à m’excuser auprès des personnes dédiées à la santé du système corporatiste-médicalo-financier, pour le choc septique* que la lecture du paragraphe sur la prescription leur a causé.

*Le choc septique correspond à la diminution brutale de la circulation sanguine, l’insuffisance circulatoire aiguë, provoquée par une infection bactérienne. Il s’agit de la forme la plus sévère de la réponse inflammatoire.

Pierre Paul Gingras

Granby

Sincèrement vôtre !

Si vous n’êtes pas régi par une convention collective, en général, votre salaire devrait correspondre ou se comparer à celui des gens qui travaillent dans le même domaine que vous. Il peut également arriver, dépendamment des employeurs, que ce salaire augmente avec une évaluation annuelle. Pour nous les élus municipaux, l’évaluation est aux quatre ans ! J’imagine déjà votre réaction en lisant cette dernière phrase et avec raison. Car oui, nous avons la tâche ingrate de nous voter nous-mêmes une augmentation salariale. Je désirerais tout de même vous mentionner ceci : évaluez le travail de votre élu(e) actuel(le) au cours des quatre prochaines années, avant de sauter aux conclusions.

Peu importe les commentaires, les exemples donnés ou les justifications, je sais très bien que pour certains, un élu sera toujours trop payé pour la besogne qu’il accomplit. Mais savez-vous vraiment ce qu’il fait, quel est son travail ? 

Un conseil municipal est un gouvernement de proximité, facile à rejoindre et disponible. Je connais mes collègues actuels et je peux vous dire que tous sont soucieux et dévoués pour leur travail.

Préambule terminé. Je souhaiterais vous faire part qu’au cours de la dernière semaine, j’ai eu une remise en question et je ne parle pas ici du branle-bas de combat fait par les opposants à l’augmentation de salaire des élus, car je le réitère humblement, considérant le travail que j’effectue en tant qu’élu, je mérite ce salaire. Cependant, suite à certains évènements, j’ai été amené à une grande réflexion, et en mon âme et conscience, j’ai décidé que j’offrirais une partie de mon augmentation salariale.

J’ai pris la décision que j’effectuerais un don de 12 000 $ au cours des quatre prochaines années, soit 3000 $ par année jusqu’en 2021, fin de mon mandat actuel.  

Je ne me suis pas encore arrêté sur les causes auxquelles je compte donner, mais soyez assurés que ces dons seront dispensés sur le territoire de la ville de Granby.


Jocelyn Dupuis, conseiller municipal dans le district 4

Granby