La Voix des lecteurs

Voter environnement

La France a signé l’Accord de Paris sur les changements climatiques, mais en fait si peu en pratique, que son ministre de l’Écologie démissionna récemment. Le Canada a aussi signé cet Accord. Toutefois, Justin Trudeau acheta l’oléoduc Trans Mountain, et il adhéra aux échanges de longue distance avec l’Union européenne et les pays transpacifiques.

Au Québec, les candidats aux élections sont pour l’ALÉNA et contre l’intrusion américaine dans la gestion de l’offre. Personne n’a cependant affirmé l’argument écologique que les États-Unis ont un surplus de bovins laitiers, et que ces animaux libèrent lors de leur digestion du méthane, un gaz 23 fois plus actif que le gaz carbonique pour générer des gaz à effet de serre (GES). Les véhicules privés, et les camions de transport longue distance, surtout entre les pays, consomment de l’essence et génèrent ainsi un excès de GES.

Le Parti libéral du Québec a créé les CISSS et les CIUSSS, lors de sa réforme de la santé. Ces centres de santé ont un immense territoire à desservir. Les membres de leur conseil d’administration, et des comités connexes, ont de grandes distances à parcourir pour se réunir. Ces déplacements engendrent aussi des GES. Les usagers ont aussi à se déplacer fort loin de chez eux plus souvent, et cela génère encore des GES, en plus de les appauvrir. La production de GES, la pauvreté (volet économie) et la santé se croisent donc comme conséquences.

Êtes-vous de ceux qui voyagent souvent dans le sud pour vos vacances, ou comme aîné l’hiver ? Savez-vous que vous brûlez du kérosène en avion et que cela génère des GES ; il en va de même pour les touristes de l’Europe, de l’Amérique ou d’ailleurs, qui visitent notre province. Êtes-vous un fan de l’achat en ligne ? Ainsi vos achats sont livrés à la pièce à votre porte par camion, à essence bien souvent, et donc génèrent des GES. Le gouvernement à toute raison de taxer ces commerces en ligne. Devrait-il surtaxer ces produits livrés pour les GES surproduits ? Promouvoir l’achat local, réduire ses besoins de base, échanger des biens entre voisins, réutiliser des biens est une bonne stratégie porteuse d’avenir face aux GES.

Pourquoi faut-il envoyer en Chine nos ballots de papiers et cartons au lieu de les recycler et les transformer au Québec ? Ne devrait-on pas créer de l’emploi en région avec ces rebuts issus des écocentres ? Cela sauverait les GES pour les envoyer en Chine ! De même, plutôt que faire venir des aliments de la Californie, du Mexique ou d’ailleurs, ne devrait-on pas favoriser la production et l’achat local québécois, ou même de proximité ? Chaque produit emballé, en plus de porter le code « Fait au Québec », devrait porter un Code désignant les GES produits pour les confectionner et les vendre, soit un code vert pour peu de GES, jaune pour une production limite, et rouge vif pour une production excessive de GES pour tel produit spécifique, ingrédients, transport et emballage compris.

L’agriculture urbaine, ou de proximité, doit être favorisée. Et même la culture d’un jardin à son domicile. Ainsi, les GES liés au transport seront très réduits, voire quasi nuls. On peut même composter ses rebuts organiques, et devenir quasi « zéro déchet », tout comme quasi « Zéro GES » ! Belle façon de réduire son « empreinte écologique ».

Les promesses électorales ont été comptabilisées en un budget que chaque parti politique présente. Mais, où sont comptabilisés les GES qui seront émis lors de l’exécution de ces promesses ? Qui calcule les « coûts sociaux » subséquents aux chaleurs accablantes à répétition de cet été, sans doute dues au réchauffement climatique ? Les coûts des pluies diluviennes et des débordements de rivières ? 

Agir maintenant, c’est faire plus que parler de cela. C’est voter environnement ! C’est passer à l’action collectivement, gouvernement et citoyens !

Luce Bérard

Granby

L’éducation sexuelle, ça va pas s’faire par magie !

Lors de la vague de dévoilements de l’automne dernier, voici ce qu’une enseignante avait dit à une intervenante du CALACS lors d’une discussion : « Mais comment pouvons-nous savoir si les victimes de Salvail et de Weinstein disent vrai ? » Ce genre de discours donne froid dans le dos considérant que les professeurs seront des acteurs clés dans le retour obligatoire de l’éducation à la sexualité dans les écoles primaires et secondaires du Québec. Nous ne pouvons nier les aptitudes des enseignants en matière de pédagogie, mais il faut tout de même s’assurer du maintien d’une formation adéquate leur permettant de répondre aux questions des élèves et d’augmenter leur sentiment d’aisance à aborder différents sujets qui sont normalement « tabouisés » par la société. Les propos mentionnés plus haut pourraient impacter sur la qualité des enseignements reçus par les jeunes, étant donné que le taux de fausses accusations en matière d’agressions sexuelles n’est que de 2 % et qu’il n’est pas plus haut que celui des autres crimes.

Bien que les écoles puissent avoir la meilleure volonté afin de fournir un bon programme d’éducation à la sexualité, il faudrait tout de même compter sur différents acteurs pour s’assurer de son caractère positif, inclusif et émancipatif. Les jeunes, les familles et les organismes communautaires sont là pour faire en sorte que ce grand retour ne soit pas un rendez-vous manqué. Depuis le retrait de l’obligation de fournir ce service aux jeunes du Québec au début des années 2000, les organismes communautaires ont fourni de l’éducation sexuelle selon la place que le milieu scolaire leur donnait. Maintenant que les écoles doivent élaborer leur plan d’action en cette matière, on ne peut faire fi de l’expertise de ces ressources et de la nécessité de continuer à collaborer avec elles.

Alors que l’Ontario compte rétablir un programme archaïque basé majoritairement sur l’aspect physique et biologique de la sexualité, il est primordial que le Québec ne fasse pas la même erreur et qu’il fournisse les ressources nécessaires aux écoles et organismes communautaires pour s’assurer que diverses thématiques actuelles y soient correctement abordées. De celles-ci, nous pouvons nommer les stéréotypes sexuels et de genres, la diversité sexuelle, le consentement, les relations égalitaires, etc. D’ailleurs, l’émergence technologique des dix dernières années amène de nouveaux besoins qu’il ne faut pas négliger. Il faut déconstruire les mœurs que la pornographie inculque aux jeunes, mais aussi discuter avec eux de cybervengeance, de sexting et d’intimidation sur les réseaux sociaux. Un bon programme permettrait de prévenir différents types de violences, autant sexuelles, sexistes, homophobes que transphobes.

Le Comité Éducation à la sexualité du groupe 13, dont le Regroupement québécois des CALACS est membre, a lancé la pétition « L’éducation à la sexualité, ça va pas s’faire par magie ! » Celle-ci a comme objectif de sensibiliser le ministère de l’Éducation sur la question des nouveaux cours obligatoires pour l’amener à leur allouer un financement adéquat et réaliste, mais aussi pour l’inciter à recommander la collaboration entre les divers acteurs. Pour ce faire, l’appui de différents partenaires est primordial. 

Si vous en avez l’intérêt, voici où aller consulter la pétition en question : https://fqpn.qc.ca/educsex/

Isabelle Corbin, agente de prévention et de communication du CALACS de Granby