La pandémie pour les médecins

LA VOIX DES LECTEURS / J’ai choisi de devenir médecin il y a maintenant 26 ans et je pense l’avoir fait pour les bonnes raisons. Vivre une pandémie mondiale ne faisait pas partie de ma liste, ni de celle de mes consœurs et confrères.

À l’urgence, on se fait habituellement avertir par les ambulanciers de l’arrivée d’un cas sévère quelques minutes à l’avance. Cela nous donne le temps de nous préparer et de prévoir ce que nous aurons à faire. La situation actuelle nous place dans une position complètement différente. Nous avons eu l’avertissement il y a quelques semaines déjà et on est dans l’anticipation. Heureusement, très peu de cas se sont retrouvés dans notre urgence jusqu’à maintenant.

Une pandémie pour les médecins, c’est comme une présentation orale au secondaire. On connaît notre sujet par cœur, on a pris le temps de se pratiquer mais on aurait grandement préféré faire un examen à choix multiples. Quand je vous dis qu’on est prêt, ce n’est pas pour vous rassurer sans raison. Je suis convaincu que jamais autant d’effort de préparation n’a été déployé dans les urgences et les hôpitaux du Québec pour répondre à un éventuel tsunami. Cette analogie me vient d’un confrère qui constate comme nous tout ce calme avant la tempête. On souhaite tous que la tempête passe rapidement.

Je veux profiter de l’occasion pour remercier en votre nom Geneviève, Olivier, Jessica, Marie-Claude, Caroline et tous ceux qui autour de moi ont participé de près ou de loin à nous préparer à cette bataille à venir. Vous ne les connaissez peut-être pas mais croyez-moi, nous sommes tous un peu plus en sécurité à cause d’eux. J’espère qu’ils vont se reconnaître et qu’ils sont fiers de ce qu’ils ont réalisé jusqu’à maintenant.

Pour finir, je vous encourage à demeurer en confinement chez vous et à éviter les contacts. Je sais que ça devient plus difficile avec le temps qui passe, mais ça en vaut la peine. Organisez-vous pour que nous ayons le moins de travail possible et bientôt CORONA pourra recommencer à nous faire rêver à une plage de sable blanc.

Patrick Laplante, m.d.

Granby