Diane Bergeron avec son chien-guide Carla
Diane Bergeron avec son chien-guide Carla

La discrimination des personnes accompagnées d’un chien-guide doit cesser!

LA VOIX DES LECTEURS / Imaginez que vous entrez dans un restaurant et qu’on vous dise : « Vous ne pouvez pas entrer », ou que vous soyez bloqué dans un aéroport parce qu’aucun des taxis n’accepte de vous ramener chez vous, ou que vous réserviez une chambre, mais que l’hôtel l’annule parce que vous n’êtes pas la bienvenue.

C’est ma réalité depuis 30 ans. On pourrait penser que je m’y habituerais, mais chaque fois que cela arrive, la moutarde me monte encore au nez comme la première fois. C’est humiliant et dégradant. J’ai le droit d’être accompagnée d’un chien-guide parce que mon chien est mon aide à la mobilité. Ce n’est pas différent que de refuser une personne en fauteuil roulant, ou en raison de ses croyances religieuses, de son origine ethnique ou de son orientation sexuelle. C’est discriminatoire et c’est une violation de mes droits.

Beaucoup de personnes ne se rendent pas compte qu’il est non seulement impoli, mais aussi illégal de refuser l’accès à une personne accompagnée de son chien-guide au Canada ou de lui refuser un service. Pourtant, cela se passe encore tous les jours. Dans toutes les provinces et tous les territoires, la législation interdit toute discrimination à l’encontre d’une personne en situation de handicap qui utilise un animal d’assistance. La discrimination suppose aussi le refus d’accès à tout lieu auquel le public aurait normalement accès.

Alors, si c’est contraire à la loi, pourquoi cela continue-t-il à se produire? Comme tant d’autres formes de discrimination, elle est profondément ancrée dans l’ignorance. Dans de nombreux cas, les entreprises ne se rendent pas compte qu’elles enfreignent la loi en refusant l’accès ou le service à un humain et son chien-guide.

Les propriétaires d’entreprises ont la responsabilité de veiller à ce que les droits des personnes accompagnées d’un chien-guide soient respectés — ce qui signifie qu’ils ne peuvent pas refuser l’accès ou le service à ces duos —, sous peine de sanctions financières. La législation sur les droits de la personne au Canada prévoit des sanctions de 100 à 10 000 $.

Mais ce n’est pas tout. Les propriétaires d’entreprises doivent connaître les lois et sensibiliser leurs employés. Ils doivent comprendre qu’il n’y a qu’une seule circonstance où il est légal de demander à une personne accompagnée d’un chien-guide de quitter les lieux, à savoir lorsque le comportement du chien-guide est inapproprié et incontrôlable, comme aboyer après avoir reçu un ordre de ne pas le faire ou de sauter sur les autres.

Et, bien que ce ne soit pas illégal, il est inacceptable de demander la preuve qu’un chien est bel et bien un chien-guide, sauf si ce dernier se comporte de façon inappropriée. Il est préférable de supposer que l’animal est bel et bien un chien-guide qui a une tâche importante à accomplir s’il porte un harnais avec une poignée.

Nous vivons dans un monde qui progresse sans cesse. À une époque où les communautés se concentrent sur l’accessibilité et l’inclusion — et sur l’élimination des obstacles qui se dressent sur le chemin des Canadiens en situation de handicap — il est temps que les entreprises fassent leur part.

Vous pouvez aussi contribuer. Si vous constatez une discrimination à l’encontre d’une personne avec son chien-guide, prenez la parole et offrez votre soutien à cette personne. Il se peut qu’elle ne sache pas ce qui se passe autour d’elle et le fait de lui fournir des informations visuelles telles que le numéro de taxi ou d’autres indices visuels pourrait aider grandement la personne à faire elle-même valoir ses droits. Les chiens-guides sont bienvenus partout. C’est la loi.

Pour en apprendre davantage, veuillez visiter le site chiensguidespartout.ca. Ensemble, nous réussirons à créer un Canada inclusif.

Diane Bergeron

Présidente du Programme de chiens-guides d’INCA