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La culture francophone, un héritage précieux

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LA VOIX DES LECTEURS / Pourquoi s’impliquer dans l’Association Québec-France ? Pourquoi s’engager à y mettre temps et énergie et cela bénévolement ?

Voilà deux grandes raisons qui me motivent :

— Entretenir et valoriser une mémoire francophone que nous ont léguée nos ancêtres en foulant le sol de la Nouvelle-France

— Tisser des liens d’échanges, de partage et surtout d’amitié entre les peuples francophones, qu’ils soient issus de France, d’Acadie, de Louisiane ou d’Afrique

Cette mémoire, je la dois à mes ancêtres. Premièrement à André Robert (1580-1663), aubergiste à La Rochelle, ville phare des échanges avec le Nouveau Monde, chez qui nombre d’engagés, de voyageurs ont signé leurs contrats pour venir s’établir en Nouvelle-France.

Je la dois à son fils Louis (1638-1711), soldat pour le régiment de Carignan-Salières, qui a établi sa carrière de défricheur et de cordonnier à Boucherville et qui a élevé ses 11 enfants. Je la dois à Prudent, son fils et mon ancêtre direct, qui fut voyageur pendant dix années. Il a épousé Marie-Madeleine Fafard à Detroit (lac Érié), où son beau-père était engageur (responsable du fort de traite).

Je la dois aux frères de Prudent, François engagé par la Compagnie de la Colonie du Canada au fort Pontchartrain à Detroit, à Joseph et à Jacques, voyageurs dans les Pays d’en haut (baie Georgienne, lacs Huron et Érié, Outaouais), à Antoine qui fut engagé par Pierre Gauthier de la Vérendrye pour la découverte de la mer de l’Ouest (océan Pacifique). Ces voyageurs seront à plusieurs égards responsables des grandes découvertes de notre continent nord-américain et des premiers établissements français allant de Terre-Neuve à la Colombie-Britannique, de l’Acadie à la Louisiane.

De cet héritage des grandes découvertes territoriales de mes ancêtres, s’ajoute mon intérêt pour cultiver des liens avec les gens issus de pays francophones. Ce fut d’abord mon engagement lors de mes études en pédagogie pour des échanges avec des professeurs d’établissements francophones de l’Ontario (Sault Ste. Marie, Penetanguishene), puis ce fut avec l’Office franco-québecois pour la jeunesse (1973-74), où j’ai pu côtoyer des jeunes venant de la Bretagne, de la Haute-Savoie, d’Auvergne.

Ce fut ensuite un voyage-échange avec des jeunes rougemontois dans une petite ville francophone de Saskatchewan (Zenon Park). Il s’en est suivi des engagements avec Jeunesse Canada Monde, Katimavik, pour finalement m’engager dans une carrière internationale qui m’amena à croiser des communautés rurales francophones de l’Afrique de l’Ouest.

M’engager au sein de l’Association Québec-France Haute-Yamaska, c’est la poursuite de ces découvertes historiques et socioculturelles, de ces relations qui enrichissent nos traditions, nos coutumes et aussi notre quotidien. C’est cette préoccupation, ce souci, du statut et du maintien de la langue française chez nous à travers des activités qui l’enrichissent : Tourismots, Prix Marie-Claire Blais, Slam-Poésie, Voyages-échanges, programmes que parrainent le Réseau Québec-France.

Nous nous devons d’apprécier les avantages de partager cette riche culture qu’est la nôtre et cette belle langue française. Nous nous devons d’en stimuler l’appropriation et la bonne conservation.

Bonne Semaine de la Francophonie à tous et toutes.

Suzanne Robert
Granby