Le premier ministre du Québec, François Legault
Le premier ministre du Québec, François Legault

Je me souviendrai

LA VOIX DES LECTEURS / Monsieur François Legault,

Il y a plusieurs années, nous avons eu l’occasion d’échanger sur différents sujets à l’époque où vous prétendiez être souverainiste sous la gouverne d’un homme et politicien que vous et moi connaissons très bien, M. Lucien Bouchard. Je ne croyais pas m’adresser à vous aujourd’hui comme premier ministre qui est devenu une vedette. Donc, ce qui va suivre risque de déplaire à beaucoup de monde.

Durant ce qui nous affecte depuis plusieurs mois, vous avez réveillé et alimenté chez les Québécois et Québécoises un sentiment qu’ils connaissent bien : la peur. Selon leur l’âge, ils peuvent avoir connu la grippe espagnole, le SRAS, la H1N1, la tempête du verglas, deux référendums et j’en passe. Ces évènements ont engendré ce sentiment de peur. On comprend encore mieux pourquoi notre peuple est le plus assuré au monde.

Maintenant, beaucoup de gens ont peur de sortir, peur de leurs amis, peur de leurs voisins et surtout peur des «petits vieux» (dont je suis) avec la tête grise qui ont plus de 70 ans. On nous craint, car on pense que nous sommes tous à risques. On leur a assez répété. Heureusement, ma famille et mes amis n’ont pas ce comportement envers moi.

Je sais une chose : je ne serai pas à risques quand viendra le temps de payer mes impôts afin de commencer à rembourser les milliards qu’a coûtés cette pandémie. J’admets une autre chose : ce virus est très dangereux et il fallait poser des gestes pour le contrôler. En comparaison, je voudrais bien savoir combien de personnes meurent au Québec chaque année pour différentes raisons, dont la grippe.

Maintenant, vous devrez négocier avec ceux et celles que votre confrère a appelés nos anges. Vous verrez probablement que ça va nous coûter encore plus cher, surtout qu’ils ont un allié dans les gros syndicats.

Comme la devise du Québec a toujours été la mienne, sachez, Monsieur, que malgré mon âge, je me souviendrai.

Yvon Lavoie

Granby