J'ai participé à la commission

Le 23 janvier, 15h, je présentais, à titre de simple citoyen, mon mémoire à la commission parlementaire concernant le projet de loi 60. Voici les observations que m'a inspirées cette expérience plutôt positive.
1) D'abord, la même durée, soit une heure pour présenter, que l'on soit un simple individu ou une institution, donne l'impression que la parole prise devant les parlementaires a la même valeur démocratique.
2) Pour avoir assisté à la présentation de l'Université Concordia qui me précédait, j'ai constaté que les parlementaires s'efforçaient d'offrir la même qualité d'écoute et le même intérêt envers le contenu des présentations bien qu'elles fussent fort différentes.
3) Au plan humain, je dis bravo à ces parlementaires, y compris le président, qui ont siégé ce jour-là de 14h à 18h et pratiquement sans arrêt, même pas pour une pause humainement désirable. Dire qu'ils ont encore de très nombreux mémoires à entendre. Leur résistance constitue un acte de foi en la démocratie.
4) Bien que mes propositions furent bien reçues par les parlementaires et, en particulier, par le ministre Drainville, je déplore le fait que les médias ne leur aient donné aucun écho. Indifférence totale!
5) Je déplore aussi le fait que les médias aient repris en boucle quelques jours avant ma participation (y compris Tout le monde en parle) des passages malhabiles du couple Pineault-Caron occultant ainsi la très possible sincérité et bonne foi de leur démarche citoyenne devant la Commission. Moquerie totale!
En conclusion, j'ai aimé mon expérience. Cependant, je déplore l'absence de couverture médiatique de cette expérience citoyenne. Que ce soit par la moquerie ou l'indifférence, le résultat est le même à l'échelle du mérite de la couverture médiatique: c'est près de zéro pour le citoyen et 150% pour les Lucien Bouchard de notre société, même si ces derniers se répètent.
En conséquence, et un peu en désespoir de cause, je profite de cette lettre pour tenter d'informer mes concitoyens de la teneur de mon mémoire par la présentation de ses aspects clés:
1) L'interdiction des signes religieux doit être remplacée par une laïcisation de ces mêmes signes. Ils pourront être portés, mais, dans l'espace public ou laïque, ils représenteront, par convention démocratique, exclusivement, tout comme le crucifix de l'Assemblée nationale, les valeurs ancestrales du Québec: LIBERTÉ, FIDÉLITÉ, PARTAGE.
2) Ce régime de laïcité devrait prévoir une journée nationale de la laïcité. Journée pendant laquelle le crucifix sera retiré de l'Assemblée nationale, jumelée à l'invitation à tous les citoyens à laisser, pour ce jour, les signes religieux à la maison, démontrant ainsi la liberté de l'homme québécois et de la femme québécoise et que l'appartenance religieuse est un choix.
3) Ce régime de laïcité proposé, par sa conception et ses dispositions, mettrait à l'honneur dans l'espace public et parapublic la liberté de conscience comme est à l'honneur la liberté de religion à l'église, à la mosquée ou à la synagogue... Merci!
Denis Forcier
Shefford