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Hommage à nos anges gardiens

La Voix de l'Est
La Voix de l'Est
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LA VOIX DES LECTEURS / L’occasion se prête bien, en cette semaine des services éducatifs en CPE et en milieu familial régi, pour un hommage trop peu rendu, mais néanmoins plus que mérité, aux éducatrices à la petite enfance.

Je suis moi-même papa de deux petites filles âgées respectivement de trois ans et d’un an, lesquelles fréquentent un CPE à Granby. Ma conjointe et moi, qui occupons des emplois très exigeants, sommes à même de constater au quotidien le caractère précieux de ces institutions que sont les garderies, en particulier les CPE, et surtout des éducatrices qui y œuvrent. C’est une véritable grâce de pouvoir confier, jour après jour, ses enfants en un lieu où nous savons qu’ils sont en sécurité.

Loin de n’être qu’un endroit où l’on dépose nos enfants pour la journée, les CPE sont de véritables milieux de vie, dotés de programmes éducatifs bien rodés, exempts de ces écrans toxiques pour les tout-petits, et offrant chaque jour des menus élaborés par des nutritionnistes. Mais surtout, y travaillent des éducatrices dévouées, engagées envers nos enfants, passionnées par leur vocation. C’est à elles que nous confions une portion significative des années qui sont pour nos enfants les plus déterminantes pour leur développement intellectuel, psychologique et social.

Au même titre que ce n’est pas très original de dire que ses enfants vont à l’école, cela ne devrait pas être un privilège de pouvoir affirmer que ses enfants fréquentent un CPE. Dans une société comme la nôtre, cela devrait aller de soi. Il est pour le moins troublant de savoir que quelque 50 000 enfants sont en attente d’une place en garderie au Québec. Autant de parents, pour la plupart des femmes, forcées de rester à la maison.

Pourtant, comme elles l’affirment si bien elles-mêmes, leur place est au travail. En ces temps de grave pénurie de main-d’œuvre, cette situation est d’autant plus inquiétante. Pourquoi ne pas saisir l’opportunité que nous offre la reprise économique pour garantir au réseau des CPE un financement digne de ce nom, qui saura en garantir l’accessibilité?

La difficulté de recruter de nouvelles éducatrices est aussi préoccupante quant à la pérennité de ce service essentiel. Pour assurer le renouvellement des effectifs, les conditions d’emploi, incluant les aspects financiers, doivent permettre d’attirer des personnes dont les qualités sont aussi grandes que celles des éducatrices œuvrant déjà dans le réseau, lesquelles sont exceptionnelles. Le fruit est plus que mûr.

Il est grand temps qu’en tant que société nous reconnaissions de toutes les façons possibles la grande valeur de celles qui au quotidien veillent sur l’épanouissement de nos jeunes. Après tout, c’est à elles que nous confions ce que nous avons de plus précieux, nos enfants.

Guillaume Lafortune, médecin neurologue à l’hôpital de Granby et, surtout, papa de deux petites filles