Hommage à Jean Garon

Ce député de 1976 à 1998 nous permet d'apprécier les bons côtés de l'activité politique québécoise.
J'ai connu Jean Garon comme ministre de l'Agriculture qui était le grand patron des ITA de Saint-Hyacinthe et de La Pocatière de 1979 à 1985 alors que j'étais président du syndicat de ces professeurs, et comme député de l'opposition dans le dossier des Conservatoires en 1994. J'ai lu son livre Jean Garon pour tout vous dire. Le dévoilement d'évènements et de personnages illustre l'histoire récente et réelle de son parcours.
Prendre le temps d'écrire pour lui rendre hommage me permet d'exprimer trois de ses attitudes qui peuvent aider ceux et celles qui veulent oeuvrer comme élus.
Dans l'activité politique, Jean Garon disait avec justesse que nous y trouvons«la nature humaine dans ce qu'elle a de plus laid». Pour composer avec cette réalité existentielle, Jean Garon a su s'entourer d'une équipe de gens favorables à adopter des comportements d'intégrité, de droiture, de rigueur. Son équipe ministérielle et celle de son cabinet ont accepté de vivre avec Jean Garon une éthique conforme à ces valeurs d'intégrité.
Un deuxième trait de caractère que je reconnais à ce grand homme: celui de ne pas se laisser distancer par la médiation de fonctionnaires, de sous-ministres ou de l'establishment de l'UPA. Jean Garon savait écouter, réfléchir et se faire une idée des projets et des résultats. La quarantaine de lois dans le monde agricole qu'il a pilotées témoignent de gestes politiques responsables avec des effets positifs: la protection du territoire agricole, la mise en valeur des sols, l'élimination du patronage de firmes spécialisées en hydraulique agricole et le respect de l'agriculteur comme entrepreneur, la défense de la ferme familiale, l'autosuffisance alimentaire (de 47 % en 1976 à 80 % en 1985).
Le troisième groupe de qualités existentielles de ce grand homme politique était d'avoir composé avec ses passions généreuses. La loyauté à René Lévesque; ses convictions d'indépendance dans ses rapports tant au sein du PQ qu'à l'extérieur; sa vision du bonheur national brut; sa sincérité face à la gratuité scolaire et à la valorisation de la formation professionnelle; sa franchise d'afficher ses couleurs politiques; son humour et sa bonhomie au sein de son langage politique; la reconnaissance de l'apport de l'amour de sa femme et de ses filles dans la conduite de sa personnalité.
En peu de mots, il vivait, selon mon appréciation, l'éthique de la responsabilité, à savoir que les moyens pour atteindre un résultat étaient grandement évalués et considérés. Il assumait donc les conséquences liées aux lois, aux règlements et à ses gestes politiques.
Oui, le Québec peut être fier de Jean Garon. Mes sympathies à sa famille, à ses amis et à ceux et celles qui croient à la suprématie des passions positives dans l'activité politique.
Luc Perron
Granby