Granby a besoin de connaître la source de contamination à la légionellose

M. Samuel Leblanc, Je fais suite à votre article paru dans La Voix de l'Est intitulé : « Source de la contamination inconnue. » Vous rapportiez alors que six cas de légionellose avaient été déclarés en Estrie depuis la mi-juin et qu'une enquête pour trouver la source à l'origine de la contamination avait lieu depuis 3 semaines. Sans succès !
Vous citez la docteure Linda Pinsonneault, directrice par interim de la Direction de santé publique du CIUSSS de l'Estrie - CHUS qui dit : « ... pour le moment, il semble que ce soit des cas qui n'ont pas de causes communes. » A-t-on procédé à une comparaison génétique des souches chez les patients ? Granby et les milliers de touristes qui la visitent ont besoin de savoir.
Les personnes qui sont traitées pour une légionellose à Granby ou ailleurs au Québec sont-elles reliées à une même souche, à une même source environnementale, oui ou non ? Il faut absolument confirmer rapidement si nous sommes en présence de cas indépendants ou d'une seule et même souche. Cela va orienter les recherches sur le terrain. Celles-ci pourraient bien être persistantes... Il n'y a pas à attendre, accélérons le processus d'enquête afin de ne pas ajouter de nouvelles victimes !
Comme ingénieur, une déclaration du Dr Pinsonneault me titille l'esprit : « Les tests de toutes les tours de Granby sont conformes. Aucune ne comporte un risque pour la santé. » Les tours de refroidissement ont-elles fait l'objet d'une analyse de risques rigoureuse dirigée par un ingénieur indépendant ? Une étude scientifique réalisée sur 19 éclosions de légionellose survenues entre les années 2001-2012 a démontré qu'il ne suffit parfois qu'une unité CFU/ml pour transmettre la maladie. Alors, comment affirmer qu'il n'y a aucun risque ? Avançons l'enquête d'une étape : soumettons les tours de refroidissement à une analyse de risques ! Peut-être trouverons-nous des facteurs de risque bien concrets de sorte que certaines tours de refroidissement fassent l'objet d'un véritable test, d'une comparaison entre la souche infectieuse et l'empreinte laissée chez les victimes ?
Finalement, le décret 454-2014 du gouvernement du Québec impose aux propriétaires de tours de refroidissement de procéder à une analyse causale lors d'un certain dépassement de la concentration en legionella pneumophila dans l'eau de refroidissement. Or, il y a bien plus ici.
Nous avons affaire à six cas de légionellose en Estrie et nous ne connaissons pas la source de contamination : tour de refroidissement, fontaine décorative, spas... Pas besoin d'attendre les résultats de futurs tests sur les tours de refroidissement. Il est prioritaire d'entreprendre une analyse de risques systématique dirigée par un ingénieur indépendant sur toutes les sources potentielles de transmission de la maladie conformément à la norme ASHRAE 188-2015. Pas de justification ! Granby et ses milliers de visiteurs ont besoin de savoir que la ville compte des risques réduits de transmission de la légionellose et que tout ce qui est possible est mis en oeuvre pour trouver et éradiquer la source actuelle de contamination.
Mario Bellavance, ing. M. Ing
Longueuil