Le président du Syndicat de l'enseignement de la Haute-Yamaska, Éric Bédard, est l'auteur de cette lettre.

Gestion déficiente à la CSVDC; le SEHY persiste et signe!

Un élève de cinquième année du primaire, dans une commission scolaire voisine près de chez vous, présente un diagnostic de trouble de déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH) posé par un pédopsychiatre.
Fin septembre ou début octobre de chaque année scolaire depuis trois ans, un plan d'intervention (PI) est établi pour l'élève. En 2016, direction, enseignante, orthopédagogue, psychoéducatrice, agente de milieu communautaire (projet-école-CSSS, cette agente rencontre l'élève de une à deux heures en individuel à raison d'une à deux fois par semaine) et le père sont présents ; environ une heure de rencontre pour élaborer le PI. Plusieurs projets sont mis en place pour aider l'élève, notamment, une évaluation par la psychologue avec rapport à être produit pour le médecin le 13 décembre suivant.
Le 14 décembre, nouvelle rencontre de révision du plan d'intervention : direction, enseignante, psychologue, psychoéducatrice, agente de milieu communautaire et mère de l'enfant sont présentes.
Quatre-vingt-dix minutes de rencontre pour revoir le PI, sur la base du rapport d'évaluation d'un test de la psychologue et des résultats de la rencontre de la veille avec le médecin. Sans compter les évaluations qui sont suggérées et qui seront faites dans les prochaines semaines, certaines à la demande du médecin, et qui seront réalisées à sa clinique, d'autres par le personnel de l'école et par une ergothérapeute. Dans ce dernier cas, les parents ont été informés que, s'ils n'ont pas d'assurances pour ce genre de services, la direction pourra leur organiser l'affaire... Le plus surprenant, c'est que l'élève a bénéficié et bénéficiera de tout ce qui a été indiqué aux plans d'interventions.
Une équipe complète, donc, autour d'un enfant pour assurer de bien cibler ses difficultés et lui offrir les services nécessaires à sa réussite.
À la Commission scolaire du Val-des-Cerfs (CSVDC), l'élaboration et le suivi du plan d'intervention sont souvent confiés à l'enseignante, se retrouvant seule avec les parents, en contravention des règles. Des services réduits à peau de chagrin. Des élèves, dont le PI prévoit le soutien d'une technicienne en éducation spécialisée (TES) à raison de deux heures par semaine, ne la rencontreront pas avant Noël. Des évaluations faites par les services de psychologie très rarement effectuées avant Noël, retardant d'autant la mise en place des services. Sans compter l'absence d'autres services tels qu'orthophonie et psychoéducation. Souvent des années d'attente, années pendant lesquelles les élèves de la CSVDC prennent irrémédiablement des retards d'apprentissages, au désespoir des parents. Sans compter les suggestions faites aux parents de la CSVDC d'aller consulter, à leurs frais, au privé, pour des services qui devraient être fournis par la CSVDC.
Comment expliquer ce monde de différences entre deux commissions scolaires d'une même région ? La CSVDC dépense-t-elle plus qu'elle ne reçoit ? J'imagine que tout n'est qu'une question de choix et d'organisation. De notre côté, au SEHY, nous ne pouvons que constater et déplorer. Le SEHY et ses membres prennent l'engagement de poursuivre le syndicalisme de combat, ne serait-ce que pour obtenir, notamment, pour les élèves de la CSVDC, les services auxquels ils ont droit.
Éric Bédard
Président du Syndicat de l'enseignement de la Haute-Yamaska (SEHY)