Gabriel Nadeau-Dubois

Gabriel Nadeau-Dubois nous déçoit

L'annonce de l'arrivée de M. Gabriel Nadeau-Dubois dans les rangs de Québec Solidaire avait créé beaucoup d'espoir dans le camp indépendantiste.
En effet, GND, comme on l'appelle familièrement, n'hésitait pas à se présenter comme un souverainiste convaincu. Enfin, nous voyions s'ouvrir une possibilité réelle d'alliance entre les partis indépendantistes. Cette alliance nous aurait entre autres permis, ce qui n'est pas peu de choses, de renverser le Parti libéral lors des prochaines élections. Cette alliance nous aurait permis aussi, et surtout, de travailler à mettre en place les conditions nécessaires pour réaliser l'indépendance. Par exemple, instaurer un système électoral à représentation proportionnelle.
Comme nous le savons, lors de son dernier congrès, Québec­ solidaire a refusé d'entrer en pourparlers avec le Parti québécois, en vue de construire cette alliance. Ce refus s'est effectué sur la base de l'aversion envers une personne, Jean-François Lisée­, et sur la base de politiques adoptées par des gouvernements antérieurs du Parti québécois. Il semble que personne n'a discuté, au cours de ce congrès, des points apportés maintenant par le PQ pour bâtir cette alliance, entre autres : le vote proportionnel, la protection de l'environnement, et le refus du Québec de permettre la construction du pipeline de Énergie-Est sur son territoire. En rejetant cette alliance, QS a fait reculer de plusieurs années le projet d'indépendance.
Mais, ce qui m'a chagrinée le plus, c'est que M. Nadeau­-Dubois n'a pas élevé la voix, devant les membres de son parti, pour défendre cette idée d'alliance qui, sans aucun doute, aurait signifié une avancée importante vers le projet d'indépendance.
Une fois élu à l'Assemblée nationale, M. Nadeau-Dubois se pose maintenant comme le champion de la souveraineté. Je pense sincèrement qu'avant de fanfaronner de cette manière, GND devrait se tourner vers son propre parti, pour s'assurer qu'il n'y est pas en minorité, quant à l'indépendance du Québec. Il peut affirmer haut et fort ses convictions, nous savons maintenant que son parti ne le suivra pas nécessairement. Et de toute façon, soyons un peu réalistes, Québec solidaire ne pourra pas réaliser l'indépendance à lui seul !
Finalement, M. Gabriel Nadeau­-Dubois se révèle un chef aux pieds d'argile... Quelle déception !
Marthe Lapierre
Granby