Faisons preuve de discernement !

LA VOIX DES LECTEURS / Je constate que le nombre de personnes infectées par la COVID-19 augmente au même rythme que le nombre «d’observateurs-délateurs » dans notre région. L’intolérance prend une ampleur qui m’inquiète autant que le virus. Il y aura un après COVID-19. Est-ce qu’il y aura encore de l’espace pour la solidarité et la compassion dans notre société?

Quand je vois dans La Voix de l’Est la photo d’un regroupement sur la piste cyclable, afin de justifier possiblement la fermeture de l’Estriade, personnellement j’y vois ce qui est probablement une famille (deux adultes et quatre enfants-ados) qui prend l’air histoire de ne pas se plier sur les pieds dans un espace restreint 24 heures par jour.

Avez-vous pensé qu’il est essentiel pour la santé mentale d’une famille de sortir d’un logement, d’une maison? Bien sûr, ces personnes sont « regroupées », mais une famille, ça vit ensemble dans un même espace assurément!

J’ai également entendu ou lu d’autres commentaires sur le fait qu’il y a des gens qui viennent faire du vélo en auto! Automatiquement, on déduit que ce sont de méchantes personnes qui viennent de l’extérieur pour propager le virus. Alors, si je vous dis que je fais du vélo dans ma municipalité, mais que je mets les vélos sur l’auto parce qu’il est impossible, voire dangereux, de partir de ma résidence pour faire du vélo, on me jugera? On me prêtera des intentions effroyables ?

J’ai mesuré : entre le siège de mon vélo et le devant de mon vélo, il y a un espace de 1.3 mètre, et à l’arrière il y a un 1 mètre. Il faudrait que quelqu’un me suive dangereusement de très très près pour ne pas respecter les deux mètres exigés!

Alors, si la distance minimale entre deux vélos est en soi convenable, le danger réside donc lorsqu’on se croise? Faut-il rendre les pistes cyclables « sens unique »?

Soyons sérieux! En ce temps de stress, d’anxiété dans la société, il faudrait éviter de mettre de l’avant ce qu’il y a de pire dans l’être humain. Je préfère encourager les gestes de soutien, d’appui entre les gens, de façon sécuritaire en ce temps de pandémie.

Je souhaite que tous nous puissions faire preuve de discernement et de compréhension envers les gens qui n’en peuvent plus, des enfants qui ont besoin de sauter partout, des ados qui ont besoin d’avoir des contacts, des aînés qui se désespèrent de voir leurs proches.

Il ne sert à rien de taper sur tout ce qui bouge... même à plus de deux mètres de nous!

La peur n’est jamais une bonne conseillère.

Johanne Boisvert

Shefford