Faire de la politique

Faire de la politique, voici la nouvelle expression passe-partout qui est utilisée à tort et à travers par de nombreux élus de notre univers politique, ici à Granby.

Les citoyens, qui questionnent une décision du Conseil ou une façon de faire, font de la politique. Un conseiller municipal qui ose questionner une décision du conseil, ou apporter un point qui pourrait déplaire fait de la petite politique. Faire la demande afin d’avoir des trottoirs sécuritaires et déneigés en hiver et hop nous voilà avec des trottoirs politiques... Avoue, ça fait beaucoup de politique !

Faire de la politique c’est aussi lorsque des élus transforment la sécurité des gens en dollars pour donner l’impression d’être de bons gestionnaires. Par exemple, lorsque Madame Denyse Tremblay, conseillère dans le District 6, a voté contre la traverse piétonnière pour sécuriser les citoyens et visiteurs du Zoo en juin 2017 et je cite « C’est encore 20 000 $ pour sécuriser les visiteurs du Zoo […] La sécurité, ça fait des années que ça traîne. Je trouve que par respect pour les citoyens, le Zoo devrait payer pour ça. » Sachez, Madame Tremblay, que la vie et la sécurité de nos citoyens et visiteurs valent beaucoup plus cher que 20 000 $ et que la mauvaise presse qui frapperait notre institution qu’est le Zoo et la ville de Granby serait désastreuse si un accident devait survenir... Aucune image de marque ludique ne pourrait ramener une telle situation. D’ailleurs, si vous avez à cœur le respect des citoyens, vous devriez renoncer à cette effarante augmentation salariale !

Alors que l’on a de la difficulté à avoir un taux de participation décent lors des élections municipales, effet du cynisme et de la désillusion qui accaparent les citoyens, les élus de notre belle ville de Granby ont pris la décision de se voter une généreuse augmentation de début de mandat afin de rattraper les élus des autres municipalités comparables à Granby. Comme le dit l’expression : « si c’est bon pour pitou, c’est bon pour minou », mais si pitou exagère, minou aussi va verser dans l’exagération en voulant avoir comme son comparse... C’est à se demander quand ce manège va arrêter ?

Parlant de cette fameuse hausse de salaire de début de mandat des élus granbyens, n’est-ce pas un geste des plus politiques que de s’offrir une augmentation quelques semaines après l’élection de novembre 2017 ? Si, et je dis bien si, cet écart à combler était si grand, pourquoi ne pas avoir été précurseurs et avoir proposé cette augmentation avant la dissolution du conseil ?

Ah oui, les votes, ça prenait les votes des citoyens pour être élu... et ce n’est pas trop sexy ni glamour de se voter une telle augmentation avant une élection. That’s politics comme disait l’autre.

À vous, Monsieur Robert Riel, conseiller du District 7. En novembre 2015, vous aviez rejeté la hausse demandée par les policiers-cadres qui se chiffrait à 2,6 %, ce qui allait jadis à l’encontre de la politique granbyenne sur les augmentations salariales des cadres. Je vous cite : « c’est l’austérité, partout, on va augmenter les taxes et les gens en ont de moins en moins d’argent dans leurs poches. En tant que citoyen payeur de taxes, je n’accepte pas ça ! » Quel changement de cap ! 17,5 % d’augmentation ce n’est pas à l’encontre de la politique de la Ville de Granby en 2018 ?

On ne peut que se demander comment un maire et des conseillers qui s’offrent respectivement 15 % et 17,5 % d’augmentation procèdent pour négocier les conventions collectives des divers employés municipaux avec sérieux par la suite.

À vous, Monsieur Robert Vincent, conseiller du District 9, si ce n’est pas de faire de la politique que de tenter, en me coupant la parole lors de mon intervention du 18 décembre 2017 au conseil, au sujet du déneigement des rues et de trottoirs ainsi que sur la possibilité pour les citoyens de se stationner dans la rue l’hiver, lorsqu’il n’y a pas d’opération déneigement, je me demande bien ce que c’est. Surtout que la salle du conseil était déserte et que nous étions bien loin de dépasser la limite de temps allouée aux citoyens voulant s’exprimer. Oui, une période pour laisser les citoyens s’exprimer, ceux-là mêmes que les politiciens nous disent vouloir écouter et prendre en considération lorsqu’en période électorale... Je trouve toujours bien dommage de voir les discours changer, une fois que l’on est assis sur le siège d’élu. Parlant de discours changeant, vous étiez jadis arrivé avec tambours et trompettes en 1990, lorsque le conseil voulait se voter une hausse de 13,5 % ! Aujourd’hui en 2018, vous êtes pour une hausse de 17,5 % puisque vous avez les mains dans l’assiette, comme le dit l’expression populaire, ce qui ne fait que cristalliser le cynisme des électeurs et citoyens. Je ne peux que me poser la question : pourquoi ne pas étirer une telle hausse sur plusieurs années, s’il y a un si grand rattrapage à faire ?

« Autres temps, autres mœurs »

L’économie se porte peut-être mieux en 2018 qu’en 1990 alors que la récession frappait le Québec de plein fouet, mais les gens qui vivent aujourd’hui en 2018 n’ont jamais été autant taxés, imposés et tarifés. Entendre que les élus de notre Ville vont voir leur allocation être imposée et que l’on doit compenser pour cette nouvelle imposition ? Est-ce que le commun des mortels reçoit un salaire qui n’est pas imposable ?

Citoyens de Granby de tous les districts, c’est le moment de se lever, comme l’a fait une citoyenne que je tiens à féliciter pour son initiative, Madame Jacynthe Deslauriers, avec sa pétition que je vous invite à aller signer. Il n’est pas nécessaire d’utiliser l’agressivité et la violence pour faire valoir notre point de vue contrairement aux évènements de 1990. Une pétition signée par un maximum de citoyens et votre présence en très grand nombre lors de la séance du conseil du lundi 5 mars 2018 à 19 h va démontrer au conseil que les citoyens de Granby sont mobilisés et sérieux dans la démarche qui vise à faire reculer le conseil sur cette augmentation faramineuse.

Si se tenir debout, faire valoir notre opinion et nos idées, c’est faire de la politique, alors je ferai de la politique toute ma vie pour le bien commun et pour notre belle ville de Granby.

Bruno Junior St-Amand

Granby

DES SALAIRES À LA HAUTEUR POUR DES ÉLUS À LA HAUTEUR

Il me semble que si on souhaite être dirigés par des gens compétents, il faut offrir des salaires à la hauteur. 

Le travail de politiciens est demandant, qu’on aime ou pas les gens en place. 

Michel Rouillard

Granby