Excellente question, M. Laliberté

J'ai beaucoup apprécié le titre de l'article de Michel Laliberté dans le journal La Voix de l'Est du samedi 1er février dernier: «Des caisses de retraite dans le rouge: qui doit (va) payer?» Très brillant d'utiliser deux verbes dans son questionnement.
La réponse variera sûrement d'un auditoire à l'autre. Je suppose que si la question s'adresse à nos élus, la réponse sera la même, soit le contribuable ou les employés. Nous connaissons tous certainement un contribuable qui travaille au salaire minimum, qui n'aura jamais droit à un régime de retraite de son employeur, qui ne touchera jamais de prime de départ. Il est tellement occupé à joindre les deux bouts, il ne devrait pas avoir le temps et les moyens de sortir dans la rue pour crier haut et fort... On en a assez!
Que faisaient nos administrateurs au début des années 2000, quand les rendements boursiers étaient plutôt excellents et que la croissance était au rendez-vous? Continuaient-ils à effectuer des versements dans les régimes de retraite de leurs employés? Où pensaient-ils que les bons rendements étaient là pour toujours et qu'on pouvait se permettre de déplacer cet argent ailleurs? Oups! quelques mauvaises années de rendement et le château de cartes s'effondre. On dirait qu'on oublie qu'avant la crise économique, nous avons eu une longue période de croissance. On pourrait au moins se poser la question à savoir ce qu'on a fait pour en arriver là, afin de ne pas continuer à toujours faire les mêmes erreurs. «C'est à cause de la crise économique»... plutôt simpliste comme justification.
C'est intéressant de voir que nos élus se lèvent pour régler le problème des régimes de retraite, alors que ces derniers bénéficieront eux-mêmes d'une retraite après quelques années de travail. Au fait combien d'années doivent-ils travailler avant d'y avoir droit? Un conseiller municipal aura travaillé combien heures avant de pouvoir accéder à une prestation? Sont-ils les personnes adéquates pour apporter des solutions équitables?
Ah! Les primes de départ, quelle aberration! Un 100 000$ par ci, un autre par là... Ce qui est triste de cette nouvelle mode au sujet des primes de départ, c'est que ce n'est pas tout le monde qui a droit à ce genre d'habit fait sur mesure.
On commence tranquillement à parler des écarts de richesse dans notre société, comme étant l'un des plus grands problèmes auxquels on devra faire face à l'avenir.
Les régimes de retraite ne sont qu'un autre élément contribuant à ce phénomène. On nous a souvent dit: «On doit offrir de bons salaires pour obtenir de bons dirigeants et une main-d'oeuvre de qualité». Jusqu'à un certain point, je suis d'accord avec une variation des revenus en considération du travail effectué et des différents efforts que les individus doivent déployer. Mais à la retraite, nous sommes tous un peu similaires dans notre relation avec le travail, à savoir qu'on ne travaille plus!
On ne peut pas exiger des générations futures de continuer à payer un salaire presque aussi avantageux à la retraite que lorsque nous étions au travail.
Des décisions pour un plus grand équilibre devront se prendre afin de cesser de pelleter nos problèmes en avant et que ce ne soit pas toujours les mêmes qui paient la facture.
Excellente question, M. Laliberté: qui doit et (va) payer?
Richard Beauregard
Retraité
Granby