Le député libéral de Shefford, Pierre Breton, est interpellé par l'auteur de cette lettre.

Évasion fiscale et visite de Justin Trudeau

Cher M. Breton, hier matin je me suis rendu, comme plusieurs centaines de personnes, à la rencontre de M. Trudeau.
Tous les gens qui étaient là, dont vous connaissiez plusieurs par leurs noms, dont plusieurs ont certainement voté pour vous, tous ces gens payent leurs impôts.
Bientôt ce sera la « saison des impôts » et tous ces gens payeront leurs impôts. Mais quelques autres, qui n'étaient certainement pas sur place, ne payeront pas un seul sou d'impôt sur les millions qu'ils ne déclareront pas en revenus.
Je vous ai remis copie d'un documentaire sur l'évasion fiscale* (Le prix à payer - Comment les paradis fiscaux saignent lentement la classe moyenne, par Harold Crooks). J'espère sincèrement que vous prendrez le temps de regarder attentivement ce documentaire.
Le 26 octobre dernier, au Parlement canadien, il s'est tenu un vote pour la motion M-42 qui visait à mettre fin à l'évasion fiscale vers la Barbade.
Que les conservateurs aient voté pour continuer et encourager l'évasion fiscale, personne n'en sera vraiment surpris.
Mais que tous les libéraux (moins un), et vous aussi, votent pour l'évasion fiscale je dois vous avouer, M. Breton, ma déception. J'espère aussi que s'il y a un autre vote du genre à propos de l'évasion fiscale, vous penserez à vos électeurs qui grelottaient chez Ben. Ces gens qui paient leurs impôts et qui ont voté pour vous.
Je me permets de porter à votre attention et à celle de votre chef qu'un peu avant que nous faisions ensemble le pied de grue devant chez Ben, le vice-président des États-Unis, Joe Biden, déclarait devant « l'élite » économique mondiale à Davos « que le top 1 % ne transportaient pas leurs propres poids ». 
J'ose espérer, M. Breton, que lorsque se représentera une autre occasion semblable face à l'évasion fiscale, vous aurez le courage de penser à vos électeurs et dire aux richissimes canadiens « qu'ils ne transportent pas leur propre poids ».
Bertrand Ménard
Granby