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L’auteur suggère de maintenir l’appellation Estrie.
L’auteur suggère de maintenir l’appellation Estrie.

Estrie ou Cantons-de-l’Est ?

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LA VOIX DES LECTEURS / Il semble bien que les deux MRC de Brome-Missisquoi et de la Haute-Yamaska rejoindront bientôt la région administrative de l’Estrie.

Il y a plusieurs années, nous avons perdu un temps précieux avec un projet utopique : la création d’une 18e région administrative distincte formée à partir de ces deux MRC. Le projet n’a pas abouti et c’était prévisible.

Considérant que les deux MRC avaient des liens administratifs partagés entre l’Estrie et la Montérégie, mais que leurs affinités naturelles avec l’Estrie étaient particulièrement fortes — en particulier dans le domaine touristique —, il semblait plus logique de s’unir avec l’Estrie. Le gros bon sens a fini par prévaloir.

Mais voilà qu’à présent, on songe de nouveau à modifier le nom de ce territoire agrandi. Ce ne sera plus l’Estrie, mais les Cantons-de-l’Est.

Faut-il rappeler qu’un débat eut lieu, il y a longtemps, où on devait choisir entre un nom bien français québécois et une traduction respectueuse d’une partie de l’Histoire, celle de la remise d’une partie du territoire québécois aux mains des Loyalistes américains, une décision prise par le roi George III, grand-père de la reine Victoria?

Or, en 1946, Maurice O’Bready (1901-1970), alors secrétaire général de la Société historique des Cantons-de-l’Est, proposa de changer la désignation «Cantons-de-l’Est» par le terme «Estrie», plus aisé à intégrer en français par l’adjectif «estrien», d’autant plus que le vocable «Canton-de-l’Est» était une traduction de «Eastern Townships».

Il semble qu’en 2021, les maires infirmeront cette décision. De qui ont-ils reçu le mandat ? Pourquoi ne pas consulter toute la population à ce sujet ? Un choix entre l’histoire coloniale et l’histoire d’un futur grand peuple, n’est-ce pas la responsabilité de ce peuple ?

Tout le territoire de l’Estrie rappelle de façon très éloquente la présence constructive de la communauté anglophone formée d’Irlandais, d’Écossais, de Britanniques, d’Américains : nous n’avons qu’à faire la liste des noms anglais que portent fièrement les comtés, les villes, les villages, les rivières, les montagnes de cette région.

Pourquoi ne pas rappeler aussi très fièrement que ces entités font partie d’une région administrative d’un Québec moderne où la langue parlée partout sur le territoire est le français en utilisant non pas une traduction d’assimilés, mais un mot de création québécoise, le mot «Estrie» ?

André Beauregard

Shefford