Équité pour les personnes mariées

LA VOIX DES LECTEURS / Avez-vous regardé l’émission La Facture du 5 novembre dernier ? Comment avez-vous réagi en entendant dire que la dame devait payer l’hébergement de son mari qu’elle a dû placer en CHSLD jusqu’à ce qu’il ne lui reste plus que 2500$ dans ses avoirs ?

Résumons les faits. Madame X, ne pouvant plus donner les soins nécessaires à son conjoint, décide de le placer en CHSLD. Le coût de la pension est d’environ 1600 $ par mois, ce qui excède les revenus de monsieur (Sécurité de la vieillesse et Régime de rentes du Québec). Elle apprend qu’elle doit payer le surplus jusqu’à ce qu’il ne lui reste plus que 2500 $ dans ses épargnes, y compris les FEER (Fonds enregistré de revenu de retraite). 

De plus, il ne faut pas que sa maison soit évaluée à plus de 40 000 $.

Dans quel monde vivons-nous? 

Qui peut prévoir l’avenir avec un montant aussi bas que 2500 $ dans ses avoirs? 

De nos jours, quel genre d’habitation coûte moins de 40 000 $? C’est contraindre la personne mieux portante à la pauvreté. C’est presque dire aux jeunes: ne vous mariez pas si vous ne voulez pas avoir des problèmes plus tard!

Pour la Sécurité de la vieillesse et le Régime des rentes du Québec, la population a demandé un meilleur partage de la richesse dans la société. Grâce à l’assurance maladie, une famille ne se met plus dans la dèche lorsqu’un des siens doit être hospitalisé. La dépense est répartie dans l’ensemble des contribuables par les taxes et les impôts. 

Pourquoi n’en serait-il pas ainsi pour les individus les plus vulnérables qui vivent dans les CHSLD? 

Chaque membre d’un couple a droit à la moitié du patrimoine, ce qui permet à chacun de vivre assez aisément. Pourquoi n’est-il pas ainsi quand une personne doit être placée en CHSLD ou dans un endroit similaire?

La personne hébergée paiera sa subsistance avec sa part du patrimoine, ce qui laisse l’autre personne vivre plus décemment.

C’est déjà assez difficile de prendre la décision de placer son époux ou son épouse, de s’en séparer après plusieurs années de vie commune. Doit-on forcer les couples à se divorcer pour que chaque membre ait sa juste part? 

Ce n’est pas ce qu’ils souhaitent, c’est cruel de les en obliger. 

Alors, pourquoi ne pas passer une législation pour qu’une personne hébergée en CHSLD paie sa pension avec ses revenus (Sécurité de la vieillesse, RRQ ou autres) et comble le déficit avec sa part du patrimoine? 

Ce qui permettrait à l’autre membre du couple de vivre plus décemment, de garder sa maison et son auto. De cette façon, chaque membre du couple garderait sa dignité. 

Réagissons, revendiquons une juste répartition!


Pauline Robert

Présidente de l’AQDR Granby


L’Association québécoise de défense collective de droits des personnes retraitées et préretraitées de Granby (l’AQDR) compte plus de 820 membres. Elle organise des conférences sur des sujets traitant des droits des aînés chaque 3e lundi du mois, à 13h30, au Carrefour Bingo, 94, rue Robinson Sud, à Granby