Je préfère davantage la consultation qui se fait actuellement concernant le réaménagement de la rue Principale, note M. Émile Roberge.

En harmonisation avec le paysage

Monsieur Serge Dion, en réponse à votre message du 26 juin. Je tiens d'abord à vous dire combien j'apprécie l'implication sociale de plusieurs de mes anciens étudiants du Cégep de Granby, et vous en êtes. Moi aussi, je vous lis avec intérêt et plaisir. Et merci d'ajouter des éléments à ma liste bien incomplète­ des beautés de notre ville.
Vous avez raison, quand je parle de « bébelles géantes », je pense naturellement à ce gigantesque canard jaune en plastique qui nagerait sur le lac Boivin et devant son élégante fontaine... au grand dam d'Horace. Comment être assurés que « les sculptures géantes d'animaux » dont parlait Marie-France Létourneau (La Voix de l'Est, 25 avril dernier) ne soient du genre de cet oiseau insolent ? Lorsque tout sera en place, sera-t-il encore temps de réagir ?
François Cardinal, l'un des architectes les plus influents du Québec actuel, indique bien que, dans nos créations architecturales et sculpturales, il faut d'abord « une planification intelligente », une planification qui vise à « préserver cette grande richesse qu'est le paysage... qu'il ne faut surtout pas dénaturer ». Le projet actuel répondra-t-il à ce critère essentiel ? Aura-t-il « la plus grande harmonisation possible avec la nature environ­nementale », entre autres, avec le lac Boivin et sa fontaine ?
Je suis d'accord avec vous et le journaliste Michel Laliberté lorsque vous dites de ne pas juger ce que nous ne connaissons pas. Je ne juge pas, j'interroge. Le hic, c'est que le projet semble connu de plusieurs citoyens et organismes. Mais le bon peuple... on joue avec lui. En effet, le projet « est entouré d'une aura de mystère pour créer un effet de surprise », comme nous le dit Mme Létourneau. On nous met l'eau à la bouche et il faudrait se taire. Comment ne pas se poser des questions ? 
Ce qui m'agace, c'est justement ce désir de faire des surprises aux citoyens, de « jouer à la cachette » avec eux. Il y a de belles surprises, telle l'installation remarquable du sarcophage romain à l'entrée de la bibliothèque. Il y a aussi, parfois, des surprises désagréables, les gens de la rue Léger le savent. Avec vous, je souhaite vivement que la surprise en soit une bonne. Je préfère davantage la consultation qui se fait actuellement concernant le réaménagement de la rue Principale. Un citoyen averti et impliqué est certes un meilleur citoyen. 
Émile Roberge
Granby