La rue Léger

« Écouter les citoyens »... Une traduction svp!

Je m'intéresse à la « chose municipale » depuis quelque temps et c'est vraiment fascinant, intriguant et parfois amusant d'y voir le travail des élus de la ville, quelquefois de certaines représentations de citoyens, de groupes de pression (par exemple celui de la rue Léger) et aussi de certains citoyen (ne) s qui sont souvent contre toutes les décisions prises par le conseil, sans rarement y trouver quelque chose de positif et en ne proposant aucune piste de solution...
Il est aussi intéressant d'entendre actuellement les discours pré-électoraux, tous candidats confondus, où on entend les concepts comme ceux de « À l'écoute de nos citoyens », « Gérer de manière responsable », « Être près des gens » ou autres formulations magiques du même acabit. Avouez qu'en période électorale, confesser le contraire serait tout à fait... suicidaire !
Pour ce qui est du « discours » de nos élus actuels, dont leur mandat se terminera bientôt, nous avons tous notre opinion selon le bout de la lorgnette qui nous intéresse, puisqu'ils ont eu quatre années à nous démontrer leur « savoir-faire ». Mais qu'en est-il de cette « traduction » du discours électoral des futurs candidats ?
En prenant le dossier de la piste multifonctionnelle de la rue Léger, dont M. Bélanger candidat à la mairie se sert comme exemple dans « le courrier du lecteur » du 8 août dernier, et à propos duquel il mentionne, entre autres, que « le manque d'écoute est peu constructif pour le développement d'une ville », il serait intéressant, M. Bélanger, de traduire de manière concrète, au-delà du discours électoral, votre concept de « l'écoute des citoyens ».
Mise en contexte : lors des deux soirées d'information tenues par les élus de la ville, quelques interventions de citoyens de la ville de Granby, payeurs de taxes comme nous tous et en faveur du plan de mobilité active, ont été émises sous le chahut de plusieurs résidents de la rue Léger. De jeunes couples provenant de rues avoisinantes de la rue Léger y étaient aussi présents. Un « brave jeune père » de famille a même osé émettre le commentaire que la piste multifonctionnelle était une bonne chose, puisque ça lui permettrait dans un avenir rapproché d'envoyer ses enfants à l'école de façon sécuritaire. 
Il y aurait peut-être eu d'autres interventions du même genre si les intervenants qui n'étaient pas en accord auraient pu émettre leurs opinions ou commentaires en tout respect. Pas tellement invitant à prendre la parole dans ces conditions de chahut et d'intimidation... ça refroidit une « participation citoyenne », M. Bélanger.
Lors de la séance d'information pour la réfection de la rue Vittie, les résidents ont été consultés, écoutés et entendus partiellement, puisque certaines modifications ont été apportées au plan original de la piste multifonctionnelle. Ils n'ont pas été « totalement écoutés » puisqu'au départ, les résidents n'en avaient pas besoin et n'en voulaient pas. 
Ce n'était pas sécuritaire, trop dispendieux, pente dangereuse, etc. Les arguments ressemblaient drôlement à ceux émis par les résidents de la rue Léger. Syndrome du « pas dans ma cour... » ? Je ne sais pas, peut-être, mais il ne faut pas s'en faire outre mesure, c'est un concept qui est universel...
Les résidents de la rue Léger ont été écoutés deux soirées plutôt qu'une, ainsi qu'à de multiples occasions subséquentes lors de réunions du conseil de ville. Selon vous, le fait de ne pas obtempérer à leur demande (on n'en veut pas...), sous la menace de « on va s'en rappeler lors de la prochaine élection », signifie-t-il un manque d'écoute du conseil de ville ?
Maintenant M. Bélanger, en tant que candidat à la mairie, au-delà du discours, en ayant les deux pieds sur le plancher des vaches, vous auriez « écouté » quel groupe de citoyens ?
D'un côté, l'implantation d'un plan à mobilité active qui va profiter à l'ensemble de la population de Granby à court, moyen et long terme (l'implantation de cette infrastructure au moment de la réfection d'une rue, m'apparaît tout à fait logique et propice pour réduire les coûts plus tard...), à ceux et celles qui représentent l'avenir, le « demain » de Granby à savoir de jeunes familles, en favorisant de saines habitudes de vie, voisins immédiats à la rue Léger et qui y voient une opportunité et non un « problème » d'utiliser cette infrastructure de manière sécuritaire pour leurs enfants ou de l'autre côté, les résidents de la rue Léger qui sont en majorité contre et qui désiraient entre autres commentaires et arguments émis, conserver le « cachet bucolique » de leur rue... Ou peut-être est-ce aucune de ces réponses ?
M. Bélanger, quelle aurait été votre solution retenue à la fin de ce dossier ? Rien de tel qu'un cas réel pour valider un concept !
Vraiment pas facile et à la fois fascinante cette « chose municipale » !
Richard Bilodeau
Granby