N'oublions pas que nous tirons notre eau potable de la Yamaska, donc plus elle est souillée, plus il faut payer cher pour l'assainir.

Eaux et forêts locales en péril

Le 22 mars a été désigné comme la Journée mondiale de l'eau.
Les Canadiens, même s'ils ont fait des progrès, en consomment encore beaucoup trop, étant les champions du monde de l'usage et du gaspillage d'eau, alors que la moitié de la planète manque d'eau saine et en meurt prématurément !
Revenue après cinq ans d'exil choisi au coeur de la grande ville, je constate avec effroi que la nature sauvage locale est de plus en plus hypothéquée.
Alors que nous célébrons ce printemps le 10e anniversaire du référendum pour acquérir les boisés Miner, l'eussiez-vous cru : 1500 personnes étaient alors sorties marcher pour une manif dans les rues de Granby ? Quelle joie ce fut de remporter cette bataille, une forêt mature en récompense ! Merci Granbyens, M. Goulet et plusieurs appuyeurs décisifs, dont mes trois copines, premières cyber militantes efficaces !
Néanmoins le désert de condos encercle désormais toute la ville ! Rue Mountain, boulevard Laporte, Simonds, Denison est... Fallait-il vraiment couper tous ces arbres pour construire ces bunkers en série ?
On sait bien, il faut penser à tous ces jeunes ménages peu argentés qui font leurs placements plutôt que de jeter leurs sous dans le « dalot » d'un loyer. Mais quand même, aucune vision écologique ni esthétique dans ces horreurs interchangeables avant tout rentables pour les constructeurs et les (sous) développeurs.
Parlant de l'eau, notre brave Yamaska, lac Boivin compris, ramasse évidemment de tout ce qui la traverse.
L'érosion est la première cause de pollution. Quand on décape les rives en pente d'un cours d'eau, il y a ensablement et apport de sédiments qui débalancent le PH et augmentent le phosphore, nutriment des algues bleues vertes qui se manifestent de plus en plus tôt, facile à voir et à prévoir...
Nous, citoyens, ne sommes pas non plus tout à fait innocents, car nous y déversons notre part de poisons : cosmétiques, détergents, herbicides, drogues, médicaments, herbicides, pesticides et xénohormones, libérés lors des centaines de surverses municipales, tel que mentionné dans ces pages il y a peu par M. Laliberté.
N'oublions pas que nous tirons notre eau potable de la Yamaska, donc plus elle est souillée, plus il faut payer cher pour l'assainir. 
Résidente provisoire à Bromont, je suis tombée amoureuse de la Yamaska-centre, qui passe tout près de chez moi.
À droite, dans la zone peu habitée, j'ai vu l'été passé des dizaines de colonies d'oiseaux, de papillons, de batraciens et d'insectes, sans oublier mes chères plantes indigènes ou importées, qu'importe, tous très nombreux dans la zone sauvage. 
Mais, à gauche, au pied du vieux village : décapage méthodique du couvert forestier par des condos en série dans les pentes, dont l'une en voie de destruction massive... Et moins d'oiseaux, de fleurs donc de papillons. 
Le prix du progrès, qu'ils disent, mais je reste persuadée qu'on peut faire pas mal mieux que ça, tout en préservant nos si rares espèces indigènes. 
Mais que faire quand même les ruisseaux ne sont pas vraiment protégés ?
La minéralisation du monde est dangereuse pour notre santé, tant morale que physique.
Malgré tout, gardons espoir et faisons notre part pour préserver et réensemencer la part de beauté du monde qui reste, pour nous-mêmes, nos enfants et les leurs !
Bon printemps et Jour de la Terre imminents !
Anny Schneider
Bromont