La piscine Miner

Des loisirs équitables

Quatorze municipalités ont choisi de rejeter la hausse des tarifs de loisirs proposée par la Ville de Granby. Peut-être que dans une année - ou cinq ou dix -, ces municipalités reconsidéreront et renoueront des liens avec les Granbyens via une entente de loisirs.
N'est-ce pas merveilleux, ce choix que les villes voisines ont de pouvoir refuser les loisirs (et les coûts associés) pratiquement d'année en année ? Si cela n'adonne pas avec leur budget, elles cessent de les utiliser. Mieux encore, elles peuvent se promener d'une ville à l'autre et magasiner les services qu'elles désirent, au moment où elles les désirent. La belle vie !
Les citoyens de Granby n'ont pas ce choix, qu'ils aient une carte-loisirs ou non. Il faut payer. Et si les villes voisines ne paient pas, alors nous payons plus, tout simplement.
Je peux accepter que les gouvernements payent des infrastructures de loisirs pour qu'elles soient accessibles à tous, peu importe d'où ils viennent. J'aime bien le concept des subventions où chaque palier de gouvernement paie un tiers des coûts de construction.
Mais pourquoi les utilisateurs ne peuvent-ils pas payer la totalité des frais d'exploitation annuels pour pratiquer leurs loisirs ? On le sait, à Granby, c'est en moyenne 131 $ par utilisateur. Si ce montant était inclus dans les frais d'inscription des différentes activités, ce ne serait pas important de savoir si l'utilisateur vient de Granby, Warden, Trois-Rivières ou même de Tombouctou.
Qui décide du « rabais » à donner lors de l'inscription pour un loisir ou un autre ? Si ces infrastructures de loisirs étaient au privé (et certaines le sont), le montant des inscriptions inclurait nécessairement une part pour assumer les coûts des taxes municipales et de l'investissement que représente l'immeuble. Pour un immeuble de 15 millions $, cela peut facilement représenter 1 million $ par année. Une belle économie, gracieuseté de la communauté. Alors, pourquoi en donner encore plus en ne facturant pas la totalité des frais de gestion annuels ?
Même le maire Pascal Bonin le suggère indirectement avec sa solution formulant que les municipalités n'ont qu'à renouveler l'entente et à adopter une résolution qui stipule que les citoyens qui désirent une carte-loisirs en assumeront 100 % des coûts. « Le citoyen va payer le 131 $ de sa poche et il va payer l'inscription. Avant ça, il payait une surcharge de 50 %. Ça va peut-être lui revenir moins cher. Ça désavantage qui ? » (La Voix de l'Est, 25 juillet 2017)
En fait, c'est encore plus simple avec la méthode utilisateur-payeur, car nous n'avons pas besoin d'ententes intermunicipales.
Et si une municipalité veut tout de même payer une partie de la facture de ses citoyens pratiquant des loisirs, elle peut rembourser sur preuve d'inscription. La ville-centre peut même s'entendre avec les villes voisines pour appliquer leurs rabais directement aux utilisateurs provenant de ces villes et ensuite se faire rembourser par la ville elle-même. Que ces villes financent leurs propres cartes-loisirs pour identifier leurs citoyens.
Mais c'est probablement plus simple de déménager à l'extérieur de Granby que de convaincre nos élus de bien gérer nos biens communs.
Denny O'Breham
Granby