Voilà que le dimanche 4 août, Denis Paradis annonce son retrait de la vie politique. Après avoir perdu le contrôle de son association, perdu l’appui des membres du Parti dans Brome-Missisquoi, après avoir constaté son incapacité à former une équipe de campagne solide, M. Paradis a finalement jugé bon, un peu trop tard, de quitter la vie politique.

Des élections comme au secondaire...

LA VOIX DES LECTEURS / Vous souvenez-vous du moment tant attendu de notre secondaire qu’étaient les élections du conseil étudiant ?

Nous nous souvenons tous du déroulement de ces fameuses campagnes électorales et l’issue même de ces élections. Les candidats les plus sérieux — ou moins — de chacun des niveaux de secondaire pouvaient présenter leur candidature et débattre d’idées innovantes pour faire avancer les différents dossiers étudiants, traitant de sujets divers et variés (menu à la cantine, activités spéciales pour Halloween, Noël, Saint-Valentin, etc.). De grandes idées affluaient, mais lors du scrutin, qui était élu ? Le gars ou la fille le/la plus populaire d’entre eux. Peu importe ses idées et ses initiatives : nous votions pour la superstar de l’école…

En sommes-nous rendus à reproduire le modèle du secondaire au niveau provincial ou fédéral ? Lorsque nous analysons l’actualité, un élément nous saute aux yeux : pour avoir la chance d’être candidat dans les partis importants, il faut être connu. Il faut être passé à la TV. Émissions télévisées, interview sulfureuse, photos chocs dans les médias, tout est prétexte à se faire voir. Peu importe ce qu’on a à dire ou à proposer : la popularité l’importe sur les opinions. Le parfait exemple est la récente annonce du retrait de la vie politique de Denis Paradis, député du comté de Brome-Missisquoi.

Depuis plus d’un an, l’association locale demande au Parti libéral du Canada d’organiser la tenue d’une course à l’investiture afin de donner la chance à qui voudrait offrir son talent, de débattre de ses idées et de questionner l’actuel député sur son bilan. N’est-il pas normal qu’un homme ayant reçu le mandat des membres libéraux en 2015 s’assure qu’il jouit toujours de leur appui avant la prochaine campagne électorale ? La direction actuelle au PLC pensait autrement. Après avoir démis de ses fonctions le président de l’association, car, au nom de l’association, il se refusait de donner son appui inconditionnel au candidat, le PLC a confirmé de façon unilatérale le vétéran libéral.

Voilà que le dimanche 4 août, le candidat député annonce son retrait de la vie politique. Après avoir perdu le contrôle de son association, perdu l’appui des membres du Parti dans Brome-Missisquoi, après avoir constaté son incapacité à former une équipe de campagne solide, M. Paradis a finalement jugé bon, un peu trop tard, de quitter la vie politique. Quelle belle occasion pour le PLC de tenir un vote démocratique afin de choisir le prochain candidat !

Malheureusement, ce dernier a déjà choisi, de manière très peu démocratique, à l’image de son parcours politique, sa future héritière. Le nom de Mme Lyne Bessette circule comme étant la dauphine du vieux routier et, selon les dires du député, le PLC ne tiendra pas de course démocratique à l’investiture. Ils veulent un couronnement.

Je ne connais de Mme Bessette que son nom et son statut d’ancienne Olympienne, mais de son propre aveu dans un reportage de Radio-Canada, elle dit n’avoir aucune idée de ce qu’elle ferait comme député, qu’elle va commencer par gagner et nous verrons pour la suite. Quelle belle façon de représenter son parti et son comté !

Le fait est qu’il y a des gens dans le comté avec des idées qui voient leur candidature refusée, car le parti a choisi la capitaine des cheerleaders ou le quart arrière de l’équipe de football. Une course à l’investiture aurait peut-être pu nous éclairer sur ses idées innovatrices ? Aujourd’hui, les différents partis optent pour l’image avant le contenu, la belle gueule avant les idées, la popularité au lieu d’une vision d’avenir, à l’image de nos élections puériles du secondaire. Il serait peut-être temps pour nos partis de revenir à la base, d’évoluer un tant soit peu et de laisser le choix des candidats aux différentes associations locales. Sinon, c’est à se demander à quoi elles peuvent bien servir…

Guillaume Tétreault - Président sortant, Association libérale fédérale de Brome-Missisquoi