De vraies idées novatrices

Madame Martine Gendron, directrice du programme des personnes hébergées, au Centre de santé et de services sociaux de la Haute-Yamaska (CSSSHY),
Bonjour,
Je viens de lire avec intérêt et respect l'article de la journaliste Ariane Faribault, du 7 février dernier, qui a pour titre: Consultation provinciale sur les conditions de vie dans les CHSLD, des propositions novatrices émanent de la région.
Lors de la Commission parlementaire de la santé et des services sociaux, qui se penche actuellement sur les conditions de vie des personnes vivant en centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), vous et Madame Caroline Brodeur, coordonnatrice du Centre d'hébergement Villa Bonheur, avez proposé des solutions innovatrices et qui sortent vraiment des sentiers battus.
À l'image du palmarès des urgences dans les hôpitaux du Québec, où chaque hôpital a une cote, ce qui aide les hôpitaux à s'améliorer et ceci, à plusieurs points de vue, vous avez proposé, Madame Gendron, que le ministère de la Santé et des Services sociaux détermine des indicateurs pour un tableau de bord national des CHSLD, pour que chaque Centre au Québec se voie attribuer une note en fonction de la gamme de services octroyés à nos aînés et également vérifier la qualité de vie de nos sages au Québec. Personnellement, je pense que la suggestion d'un palmarès des CHSLD au Québec est réalisable, pourvu qu'il y ait une ferme volonté politique!
De plus, vous et Madame Brodeur avez également proposé de moduler la contribution des résidents en CHSLD en fonction de l'implication de leurs proches dans leurs soins. Un des membres de la commission parlementaire, le député libéral et ancien ministre de la Santé Yves Bolduc, a manifesté de vives réserves pour ne pas dire une fermeture totale à votre proposition.
Comme argument, l'ex-ministre de la Santé a dit ceci: «Lorsqu'on est enfant unique ou qu'on ne reste pas dans la même région que nos proches, ça serait pénalisant. Je pense que c'est le rôle de l'État de contribuer plus lorsque la famille n'est pas présente. Et je pense qu'on s'occupe de nos proches parce qu'on les aime, alors dire aux gens, maintenant, vous avez l'obligation morale de vous occuper de vos parents, sinon, vous serez pénalisés, je ne suis pas d'accord». Je dois vous avouer, comme argument de la part d'un ex-ministre de la Santé, c'est assez ordinaire, si je peux m'exprimer ainsi!
Vous avez bien fait Madame Gendron de ramener l'ex-ministre à l'ordre , en lui disant qu'il est beaucoup plus facile pour un gestionnaire de la Santé, de demander de se faire augmenter son budget d'opération qui consacre tout près de 50% du budget total seulement pour la Santé, faut-il le rappeler. D'ailleurs, notre député François Bonnardel en 2013, nous a dressé un portrait de la Santé publique au Québec en ces termes: «Le monstre grossit toujours». De plus, le 2 avril dernier à l'émission de Mario Dumont, notre député a dit ceci: «Il y a maintenant plus de chefs que d'Indiens dans notre système de santé publique: 155 000 chefs contre 142 000 personnes qui donnent de vrais services aux personnes malades».
Lorsque vous dites, Madame Gendron: «On n'a pas nécessairement fait une thèse sur le sujet, mais les grandes choses de ce monde ont souvent commencé par une idée qui n'avait pas d'allure». J'endosse entièrement vos propos!
J'avais reproduit une phrase qui m'a toujours guidé dans la première édition de Mon milieu de vie, le Bulletin des résidents et familles du CSSSHY à l'automne 2006, et voici cette phrase: «Il y a ceux qui voient les choses telles qu'elles sont et se demandent pourquoi... Il y a ceux qui imaginent les choses telles qu'elles pourraient être et se disent... Pourquoi pas?» D'où la nécessité de créer et d'agir.
Je constate de nouveau, Madame Gendron, que vous faites partie des rares gestionnaires de notre système de Santé qui explore, qui se creuse les méninges et qui finalement propose des idées novatrices et qui se disent: «Pourquoi pas?».
Respectueusement vôtre,
Serge Dion
Granby