Conscientisation de nos jeunes : une responsabilité collective

LA VOIX DES LECTEURS / Monsieur le Premier Ministre François Legault, nous vous savons très occupé et nous vous remercions de votre implication pour la santé publique. Toutefois, nous souhaitons vous faire part d’une préoccupation importante sur le contenu des applications, jeux, sites et publicités vus par nos enfants, adolescents et jeunes adultes.

Connaissez-vous le jeu appelé Cyberpunk2077? Sachez pourtant qu’il sera accessible au Québec dès l’automne 2020. Ce n’est pas le premier ni le dernier jeu qui contiendra de la sexualité et de la violence extrême, mais je pense que nous devons réagir. Nous n’avons pas le droit, pour nos enfants, de rester les bras croisés.

Si de l’avis des experts en cybersécurité, il n’est pas possible d’interdire l’accès à ce jeu, il ne serait pas responsable de notre part de nous réfugier derrière la cote 18 ans et plus qu’il lui a été accordé, par exemple, au Brésil.

Soyons honnêtes : il est extrêmement facile pour certains jeunes d’avoir accès aux contenus réservés aux adultes. Or, dans le cas de Cyberpunk2077, ce qu’on en dit est que son contenu est tout à fait inapproprié, peu importe l’âge : nudité, langage grossier, relations sexuelles intenses, prostitution, viols, violence avec armes, jusqu’à la mutilation, la torture et le suicide. Autrement dit, on laisse les gens s’amuser sur des thèmes aussi sérieux et dramatiques.

Or, en ces temps où le gouvernement, la société, cherchent à valoriser les saines habitudes de vie, le respect et l’estime de soi, les relations égalitaires, et à lutter contre la violence et l’intimidation, on est en droit de se demander quelle sorte de messages souhaitons-nous véhiculer à nos jeunes.

Vous le savez, plusieurs, dont le Centre Cyber-aide, sont actifs dans les écoles au Québec afin de sensibiliser nos jeunes concernant, notamment, les comportements violents, l’hypersexualisation de l’espace public, incluant le sextage (échange d’images à caractère sexuel via les écrans), un ensemble de phénomènes qui sont nourris par les technologies d’aujourd’hui. Mais, ce n’est pas parce qu’il est désormais facile d’échanger des photos qu’il faut ne rien dire, ne rien faire. Il faut agir!

Il faut savoir que l’exposition, voire la surexposition à des exemples et modèles hypersexualisés ou violents tend à désensibiliser nos jeunes, à banaliser la sexualité et la violence, ce qui peut conduire nos jeunes à considérer la pornographie comme étant un reflet de la réalité, comme une norme qu’ils doivent chercher à atteindre. On connait déjà les problèmes que tout cela peut créer.

Aussi, nous croyons qu’il est nécessaire d’envoyer un signal, de diffuser le plus largement possible des messages positifs, des modèles positifs, de faire de la sensibilisation afin que des jeux de ce genre demeurent des succès marginaux qui ne parviendront pas à influencer nos perceptions collectives.

Et, à cet égard, nous avons une responsabilité dans la diffusion des valeurs appropriées et des saines habitudes de vie. Le ferez-vous ?

Cathy Tétreault

Directrice générale, Centre Cyber-aide